Ma contribution à la consultation sur l’avenir du métro lyonnais

Du 21 septembre au 15 décembre 2021 le SYTRAL organisait une consultation sur l’avenir du métro lyonnais. Retrouvez ci-dessous ma contribution à ce débat:

Monsieur le Président,

J’ai l’honneur de porter à votre connaissance ma contribution, en tant que députée du Rhône, à la consultation lancée par le Sytral sur l’avenir du métro lyonnais.

Comme vous le savez, j’ai fait partie au mois d’avril dernier des 12 parlementaires du Rhône qui ont saisi la Commission nationale du débat publique (CNDP) pour demander l’organisation d’un débat sur le développement du réseau de transport en commun lyonnais.  La CNDP n’a pas donné suite à cette saisine, ce que je regrette. Elle aurait permis de débattre, sous le contrôle d’une autorité indépendante, de l’ensemble des projets inscrits au plan de mandat du Sytral. Si elle ne remplace pas le débat que nous aurions souhaité, la consultation que vous avez lancée présente le double-avantage de poser les enjeux du développement du réseau de métro lyonnais et de donner la parole à l’ensemble des grand-lyonnais sur différents projets.

En tant qu’élue lyonnaise, je m’intéresse évidemment à l’avenir de mon territoire et j’ai donc souhaité participer à cette consultation.

En tout premier lieu je me réjouis que l’idée de relancer un plan ambitieux de développement du métro lyonnais refasse surface. 

Ouvert au trafic voyageur en 1978, le métro lyonnais a connu un développement assez soutenu pendant la 1ère vingtaine d’année de son existence. Ce développement a été interrompu en raison des difficultés financières rencontrées par le SYTRAL à la fin des années 1990. Le Plan de déplacement urbain adopté en 1997, sous l’égide du président du Sytral Christian Philip, avait pour ambition de redonner des marges de manœuvre financières au syndicat tout en accroissant l’offre. Il a ainsi été fait le choix de rénover et développer en priorité le réseau de surface. 

Ces choix politiques, poursuivis et amplifiés par la majorité à laquelle j’ai appartenu, ont produit leurs effets. Adossés à une politique tarifaire rigoureuse, ils ont permis de redresser les comptes du Sytral et de réduire fortement sa dette. Cela donne aujourd’hui au Sytral une capacité d’investissement forte, certes affectée par la crise, mais dans des proportions limitées. 

Le réseau de transport en commun lyonnais connaît une croissance continue extrêmement forte. Nous ne pouvons que nous réjouir de cet état de fait. Mais il implique de penser à des investissements forts pour l’avenir. Par ailleurs, votre majorité fait le choix assumé de limiter le recours à la voiture individuelle au sein de notre Métropole, ce qui implique de proposer une offre alternative pour ne pas entraver la capacité de déplacement de nos concitoyens. Cela doit se traduire par le développement des infrastructures cyclable, la sécurisation des déplacements piétons, mais aussi pour les plus longues distances ou les personnes à mobilité réduite par le renforcement des transports publics. 

Il faut bien évidemment poursuivre le développement une offre complémentaire à court et moyen terme, comme le prévoit votre plan de mandat avec des projets de tramway et de BHNS. Mais il convient également de penser à des projets structurants à long terme, parce que notre Métropole va continuer de croître et que la demande de mobilité également. Nous avons les moyens de le faire. C’est la raison pour laquelle la relance d’un plan métro paraît aujourd’hui pleinement opportune. 

La consultation lancée par le Sytral porte sur 4 scenarii de développement :

  • La création d’une ligne E entre Tassin et Bellecour ou Part-Dieu
  • Le prolongement de la ligne A entre Vaulx-La Soie et Meyzieu
  • Le prolongement de la ligne B entre Charpennes et Rillieux-la-Pape
  • Le prolongement de la ligne D entre Gare de Vaise et La Duchère

Je m’étonne de l’absence de scenario proposant le prolongement du métro A au-delà de Perrache. Je n’ignore bien sûr pas les difficultés techniques, et les surcoûts qu’ils engendreraient, pour réaliser ce prolongement. L’actuelle station Perrache, dans le centre d’échange, est en effet située au niveau du sol et il faudrait reprendre le tronçon bien en amont pour passer sous l’autoroute et sous la gare de Perrache. Cependant, nous savons que nombre de nos concitoyens ne comprennent pas cette absence de desserte métro du quartier, et mettre un scenario au débat ne signifie pas qu’on le valide ou qu’on l’encourage. Il permet de fournir des éléments et d’éclairer les citoyens. 

Les critères utilisés pour départager ces projets doivent à mon sens être l’utilisation efficiente des deniers publics et la logique de réseau. Concernant l’utilisation des deniers publics, les ressources financières mobilisées par les projets de métro sont importantes. Malgré la bonne santé financière du Sytral, il convient évidemment de ne pas gaspiller l’argent public. Nous devons donc nous interroger pour chaque projet sur l’efficacité de l’investissement, notamment au regard de l’objectif de report modal et donc de baisse des émissions de gaz à effet de serre et de la pollution. Concernant la logique de réseau, il convient d’une part de cibler en priorité les secteurs peu ou mal desservis et d’autre part d’évaluer les conséquences, positives comme négatives, de chaque prolongement sur l’ensemble du réseau.

A l’aune de ces critères, le projet prioritaire me semble être la réalisation du métro E, dans sa variante prolongée à la Part-Dieu. 

Concernant le prolongement du métro A, l’investissement important ne semble pas se justifier par rapport au gain attendu de voyageur. De plus, les territoires concernés sont d’ores et déjà desservis par un transport en commun en site propre performant, le T3. Un renforcement de cette ligne existante, par la suppression de passages à niveau et la création d’évitements supplémentaires pour Rhônexpress, améliorerait la desserte des communes concernées pour un coût moindre.

Le prolongement du métro D présenterait quant à lui l’avantage de desservir un quartier politique de la ville, La Duchère, et d’améliorer la desserte du nord-ouest de notre agglomération. Cependant, il n’aurait qu’un effet limité sur le rabattement et ne semble pas justifier son coût. 

Le prolongement du métro B est enfin un projet intéressant à de nombreux égards. Il améliorerait la desserte de Caluire et Rillieux, aujourd’hui peu satisfaisante. Il offrirait également des possibilités de rabattement efficaces pour les pendulaires en provenance du nord de l’agglomération. C’est néanmoins un projet au coût très élevé.

De son côté, la création d’une ligne de métro E serait le scenario le plus efficient. Il est en effet, sur la base des chiffres communiqués, susceptible d’attirer le plus de voyageurs (+102 000 dans la variante de prolongement), de générer le plus fort report modal, pour un coût dans la moyenne des projets proposés. C’est en tout cas le projet dont le ratio bénéfice/coût est le meilleur. Il est également le plus avancé puisque des études complémentaires ont été menées. 

Il permettrait de desservir efficacement un secteur actuellement enclavé, dans lequel il est difficilement envisageable de mettre en place d’autres types de transports en site propre, comme l’a montré l’étude préliminaire menée par le Sytral sous le mandat précédent. Il ne serait pas contradictoire avec votre projet de funiculaire, projet sur lequel j’émets un certain nombre de réserves, mais ce n’est pas l’objet du présent courrier. 

J’insiste néanmoins sur la nécessité qu’il y a à retenir la variante prolongée à la Part-Dieu. En effet, une ligne limitée à Bellecour serait beaucoup moins attractive, notamment pour le rabattement depuis l’ouest de l’agglomération. Ce prolongement à la Part-Dieu permettrait ainsi quasiment de doubler le report modal et donnerait à cette ligne toute sa raison d’être. Par ailleurs, le tronçon Bellecour-Part-Dieu aurait un effet structurant sur l’ensemble du réseau. Ce serait la réparation d’une erreur historique de conception de notre métro : l’absence de liaison directe entre la Presqu’île, cœur traditionnel de la ville, et la Part-Dieu, centre économique de l’agglomération. Cela permettra également de soulager l’affluence sur les tronçons les plus chargés des lignes D et B.

Pour l’ensemble de ces raisons, Monsieur le Président, je soutiens la relance du métro dans notre agglomération et la réalisation d’une ligne de métro nouvelle entre Alaï ou Tassin et Part-Dieu comme projet prioritaire. La réalisation de ce projet renforcera notre réseau de transport en commun et participera de la structuration à long terme de notre territoire métropolitain. 

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes salutations distinguées.

Hier, j’ai effleuré l’horreur de la Shoah

Hier j’ai visité les camps d’Auschwitz et Birkenau.

Que retenir de cette visite ? Comment exprimer mon ressenti et ces images qui collent durablement ?

Bien sûr je connais l’histoire des camps, j’ai lu des témoignages, j’ai vu des images. Députée de la circonscription du mémorial de Montluc, j’ai appris les parcours de vie et de mort de nombreux prisonniers ayant transité par cette prison de la Gestapo, j’ai entendu le récit du dernier convoi vers Auschwitz du 11.08.1943. Mais se rendre sur place c’est autre chose.

Ça faisait longtemps que je souhaitais me rendre à Auschwitz. Aussi dans l’avion, j’étais partagée entre la hâte et la peur. Qu’allais-je voir ? ressentir ? Saurais-je saisir l’horreur du lieu ?

La première chose que je retiens c’est le vide.

Les deux camps sont immenses, 171ha pour Birkenau. Et malgré les bâtiments qui les composent, les touristes qui les traversent, ils font immensément vides. Et en réalité ils l’étaient bel et bien. Les deux étaient composés à la fois d’un camp de travail ou camp de concentration de travailleurs forcés et d’un centre d’extermination, situé en lisière ou extérieur du camp. Lorsque les prisonniers arrivaient, ils étaient immédiatement triés sur le quai de gare. Les termes exacts sont « sélection » et « rampe des juifs ». Les critères étaient à la fois froidement factuels et horriblement aléatoires. Moins de 15 ans ? Direction les chambres à gaz. Trop vieux ou malade pour travailler ? Idem. Une femme avec un enfant dans les bras ? A la mort. Assez vigoureux pour supporter un coup de poing ? Au camp de travail. 80% des juifs n’entraient pas dans les camps, ils n’étaient pas enregistrés, ils étaient directement menés aux chambres à gaz. Dans le camp de travail, les prisonniers sortaient chaque matin pour aller travailler dans les usines alentours. Camps de la mort et camps de concentration étaient donc bien vides la plupart du temps. 

Que reste-t-il de tous ces morts aujourd’hui ? Rien. Les nazis ont effacé la plupart des traces. Ici où ont été perpétrés des millions de crimes, il n’en reste quasiment rien. Aucune tombe mais des morts partout. Les fours crématoires ont tourné à plein régime pour éliminer toutes traces de ces millions d’enfants, de femmes et d’hommes, de tous âges, de toutes nationalités, de toutes conditions et majoritairement de religion juive. Le sol sous nos pieds est constitué de leurs cendres. Les nazis n’ont pas seulement voulu exterminer une population, ils ont été jusqu’à vouloir faire disparaître leur existence et leur mort. Sidérant.

La deuxième chose que j’ai ressenti c’est le froid.

En ce début décembre, sous la neige, le froid est saisissant, dans tous les sens du terme. Cela permet d’imaginer les souffrances physiques que les prisonniers ont dû endurer. L’enfilement des baraques en bois de Birkenau, leur dénuement, constatés dans la nuit et le froid, rendent incroyable le fait que certains aient pu y survivre. Au-delà des souffrances et brimades physiques, on est bouleversé par leur force mentale, leur héroïsme. Malgré ces conditions de survie atroces, le suicide n’était pas de mise dans les camps nous a confié un rescapé, « le suicide c’était faciliter la tâche aux Nazis ».

Mais ce qui m’obsède le plus c’est l’incompréhension. L’incompréhension face à une telle cruauté. J’ai failli écrire folie mais je crains que cela ne déresponsabilise les criminels. Or tout a été orchestré avec beaucoup de rationalité, d’ingéniosité oserai-je même. L’extermination systématique et massive (pléonasme) a été menée à bien grâce à une segmentation des tâches. Certains faisaient entrer les condamnés d’office dans les « douches » mais c’était d’autres soldats qui jetaient des pastilles de Zyclon B par les lucarnes. Ils ne voyaient ainsi ni les victimes, ni les conséquences de leur geste. Des prisonniers étaient chargés de sortir les corps, d’autres de la crémation, d’autres de répandre les cendres. Les hommes affectés à ces tâches ne « voyaient » donc pas ce qu’ils faisaient réellement. C’était plus simple que de pendre, fusiller, brûler au lance-flamme ou « piquer » au phénol les victimes, autres méthodes utilisées au camp pour tuer.

La visite des vestiges des différents chambres à gaz et crématoriums du camp d’Auschwitz et de Birkenau montre aussi les « améliorations » progressivement apportées aux méthodes d’extermination. Augmentation de la capacité des chambres à gaz de 340 à 1400 morts par jour, passage de la fosse commune au brulage des corps à l’air libre puis à la crémation … L’expérience a augmenté l’efficacité. Tout ceci montre une industrialisation et une déshumanisation de l’entreprise de mort qui interrogent fortement. Quel esprit a pu concevoir cela ? Quels hommes ont pu le mettre en œuvre ? Les coupables sont connus mais le cheminement intellectuel est incompréhensible. 

Le jour d’après, il me reste une immense tristesse et une sidération dérangeante.

Une immense tristesse pour ces millions de vies fauchées, ces familles arrachées parfois soudainement à leur quotidien pour se retrouver au bout d’un voyage atroce dans ces camps, sur ce quai. D’autres avaient connu auparavant le déclassement légalisé, l’antisémitisme organisé, l’indifférence, la spoliation, la ghettoïsation, la famine, la violence. Mais aucun n’imaginait cette industrie du meurtre. Des gens ordinaires, des familles entières ont été tuées par des hommes à qui un gouvernement fasciste en avait donné l’ordre.

En relisant la chronologie de la construction des camps, j’ai été marquée par la rapidité des décisions anti-juives et leur mise en œuvre immédiate suite à un processus démocratique et légal, en Allemagne la victoire du parti d’Adolf Hitler aux élections, en France l’accord des pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Comment ne pas penser à ce qui se passe aujourd’hui, chez nous ? Un candidat extrémiste, qui attaque systématiquement une religion, prône la haine et pointe du doigt une population désignée bouc émissaire. On a beau se dire que cela ne peut pas se reproduire, il faut garder en tête que la démocratie ne nous protège pas de la guerre et des tueries de masse.

J’ai eu l’immense honneur et la chance d’effectuer cette visite avec un rescapé des camps, un homme formidable qui a choisi de témoigner encore et toujours malgré son grand âge : Elie Buzyn. Il nous a parlé de la « sélection dont j’ai fait partie », de comment il avait échappé à la mort à la descente du wagon en disant qu’il avait 17 ans et non 15, du camp de concentration d’Auschwitz où il y avait des poêles dans les chambres, contrairement à Birkenau, de son travail forcé à Babitz, un complexe agricole, où les rations alimentaires étaient plus fournies. Merci à lui pour sa présence et pour ce partage.

Katy Hazan, historienne à l’OSE (Œuvres de secours aux enfants), a écrit « l’effacement des traces est au centre de l’entreprise génocidaire nazie ; il s’agit même de la caractéristique commune à tous les génocides : la négation du forfait au moment même où il se produit. »

« L’élimination des traces n’est pas un crime en tant que tel. Il s’agit bien d’une innovation celle de la profanation de masse, celle de l’après-mort », « celle de l’adaptation des techniques modernes et de la division du travail pour le traitement des cadavres. » « Éliminer les traces c’est dénier aux victimes le droit à une sépulture et les vouer à l’oubli. Sans tombes sur lesquelles se recueillir, le travail du deuil devenait impossible. L’élimination des traces constitue la matrice du négationnisme. »

Il nous faut conserver ces quelques traces, ces camps et ces baraques en bois qui s’abiment. Pour ne pas faciliter la tâche des nazis, pour conserver la mémoire.

Grâce à cette visite, me voilà désormais témoin de témoin. Et face à ce crime de folie et d’indifférence, je vais maintenant pleurer ces morts, ce que je n’ai pas pu faire hier, et je vais continuer à me battre pour la démocratie, contre l’antisémitisme, contre le racisme, contre le fascisme, en gardant à l’esprit, toujours, que nos décisions individuelles peuvent conduire à des désastres collectifs et qu’il faut se méfier de l’indifférence et de la banalisation de la haine de l’autre.

« La surexposition des enfants aux écrans pourrait être le mal du siècle »

A l’initiative de ma collègue Caroline Janvier, un groupe de parlementaires transpartisan et de personnalités, dont je fais partie, appelle à l’élaboration collective d’une proposition de loi visant à la prévention et la sensibilisation des parents. Chacun peut coconstruire cette future loi en participant ici: https://t.co/nKXzdTtvTr. Voici le texte de La Tribune:

728 heures. C’est la durée moyenne d’exposition annuelle des enfants de 3 à 10 ans aux écrans. Il en faut 63 pour regarder l’intégralité de la série « Game of Thrones » – et les amateurs vous diront que ce n’est pas une mince affaire. 728 heures, cela revient à regarder 11 fois les huit saisons de « Game of Thrones » en l’espace d’une année. C’est dire combien les écrans sont présents dans la vie de nos enfants : deux heures par jour, c’est long.

Un tiers des enfants de 0 à 3 ans prend ses repas devant un écran. 0 à 3 ans, c’est une période de la vie où les enfants ont des défis vitaux à relever : apprendre à marcher, parler, nouer des liens et interagir, reconnaître et réguler ses émotions, développer sa faculté de concentration, sa motricité, s’étonner du monde qui nous entoure, commencer à comprendre les lois physiques et biologiques qui le régissent.

Pour cela, l’enfant a besoin d’être stimulé et accompagné par son environnement physique, sensoriel, cognitif et affectif. Les écrans sont alors non seulement des loisirs limitatifs à une période cruciale pour le développement, mais aussi et surtout des entraves à l’acquisition du langage, à la mémorisation des savoirs. Ils ont aussi une influence néfaste sur le sommeil, l’alimentation, ou encore la gestion des émotions.

La question de l’aliénation numérique

Alors qu’il y a encore vingt ans les télévisions restaient fermement accrochées au salon familial, les téléphones et tablettes suivent aujourd’hui nos enfants partout. Tous les parents contemporains ont un jour ou l’autre connu la tentation de placer un écran entre les mains de leur progéniture pour faire cesser des pleurs dans le train, pour détourner leur attention d’une égratignure douloureuse ou pour les occuper trois minutes le temps de mettre un plat au four.

Beaucoup cèdent à la tentation, y compris parmi nous. Le problème réside en la systématisation de cette exposition précoce aux outils numériques avec des conséquences souvent méconnues – l’enjeu est donc avant tout de les prendre en compte. Il ne s’agit pas, bien entendu, de condamner l’usage des écrans en soi, car ils peuvent être d’excellents outils pour éveiller la curiosité et développer les connaissances.

La question est celle de l’aliénation numérique, notamment sur les plates-formes interactives. Regarder un écran le matin avant l’école est associé à trois fois plus de risques de présenter un trouble primaire du langage. Le faire sans discuter des contenus visionnés avec son entourage, à six fois plus de risques. Quand on sait combien la maîtrise du langage est un élément central dans le développement cognitif et socio-émotionnel, très logiquement sa dégradation peut être une entrave à la réussite des enfants et à leur adaptation scolaire et sociale.

Les conséquences sur la santé physique

L’usage excessif des écrans a aussi des conséquences sur leur santé physique : des repas bio pour nos enfants c’est bien, mais si c’est devant Sam le pompier, hypertension artérielle et obésité s’inviteront peut-être aussi à leur table, l’usage des écrans pendant les repas étant notamment associé à la consommation de junk food. Nos enfants sont aussi devenus une cible marketing des publicités agroalimentaires, intercalées entre deux dessins animés parfois conçus pour susciter d’impulsives envies de sucreries.

Envies qu’ils pourraient d’autant plus avoir de mal à maîtriser s’ils sont en manque de sommeil – car oui, les écrans affectent à la fois la qualité et la quantité de sommeil. Et qui dit altération du sommeil dit aussi moins bonne gestion des émotions, souffrance psychique et affectation du fonctionnement de la mémoire.

Au retour d’une journée de travail et d’embouteillages, il est évidemment tentant de s’aider de la télévision pour endormir nos enfants, mais cette énergie économisée sera de courte durée car les réveils nocturnes et l’irritabilité au réveil en seront le retour de bâton. Développement cognitif et socio-émotionnel, sédentarisation du temps libre, cycles de sommeil perturbés, l’enjeu des écrans est donc systémique.

Des différences selon le niveau d’études des parents

L’irruption du numérique dans nos vies a d’ores et déjà provoqué un bouleversement sociologique majeur dont nous commençons à mesurer les effets sur nos comportements. Certains d’entre nous en tirent des conséquences sur leur utilisation des réseaux sociaux, leur rapport à l’information ou encore leurs interactions sociales avec d’autres adultes ou en présence d’enfants.

Pour les générations qui viennent au monde ou sont éduquées avec cette omniprésence des écrans, c’est à nous qu’il revient de prendre les bonnes décisions pour protéger leur développement. Sans prise de conscience collective de l’importance de protéger de la surexposition aux écrans le développement des jeunes enfants, ce sont les adultes de demain que nous privons de leurs pleines capacités.

Les inégalités socio-économiques n’épargnent pas non plus nos enfants sur le sujet : l’usage important des écrans varie notamment selon le niveau d’études des parents, la situation socio-économique et l’âge de la mère. Faire connaître la question de la surexposition de nos jeunes aux écrans relève ainsi aussi du principe d’égalité des chances.

Construire une vraie politique de prévention

Cette surexposition aux écrans pourrait être considérée comme le mal du siècle, car la portée des enjeux qui nous font face et leur caractère inédit dans l’histoire humaine s’imposent à nous. C’est une réflexion autour de ces enjeux fondamentaux que nous proposons de porter à l’agenda public. C’est pour cette raison qu’est lancée la co-construction en ligne d’une proposition de loi sur le sujet, ouverte à toutes et tous.

Une proposition de loi pour construire une vraie politique de prévention, sensibiliser les parents, former les professionnels, réguler l’utilisation des écrans dans les lieux d’accueil des enfants. Car c’est aujourd’hui que se joue le développement des générations qui feront la société de demain.

Parmi les signataires:

Caroline Janvier, Députée (LREM) du Loiret, Auteure de la tribune
lana Cicurel, députée européenne (Renew), présidente du collectif citoyen « Je m’engage pour l’école » 
Marie Danet, maîtresse de conférences à l’université de Lille 
Benoît Hamon, ancien ministre 
Gaspard Koenig, président de GénérationLibre et de Simple 
Nathalie Loiseau, députée européenne (Renew), ancienne ministre 
Arnaud Robinet, maire de Reims 
Laurianne Rossi, députée des Hauts-de-Seine (LREM), questeure de l’Assemblée nationale 
Nicola Sirkis, musicien
Bruno Studer, député du Bas-Rhin (LREM), président de la commission des Affaires culturelles et de l’éducation
Anne Brugnera, députée (LREM) du Rhône

Intervention au nom du groupe La République en Marche en discussion générale sur la proposition de loi visant à atténuer les atténuer les inégalités d’accès à l’enseignement supérieur générée par Parcoursup

Jeudi 2 décembre 2021,dans le cadre de la niche du groupe GDR (gauche démocrate et républicaine), était débattue la proposition de loi visant à atténuer les inégalités d’accès à l’enseignement supérieur générée par Parcoursup. Je suis intervenue au nom du groupe La République en Marche.

Monsieur le Président,

Madame la Ministre, Madame la rapporteure,

Chers collègues,

Le Groupe La République en Marche partage l’objectif d’atténuer les inégalités scolaires et d’accès à l’enseignement supérieur. C’est pour nombre d’entre nous le moteur principal de notre engagement politique et l’objet de nos travaux parlementaires comme la scolarisation à 3 ans ou les cités éducatives pour ne citer que 2 exemples.

Mais nous sommes convaincus que ce n’est pas Parcoursup qui génère ces inégalités. Nous pensons au contraire que cette procédure nationale peut aider à les réduire grâce à la liberté d’accès à l’information, la transparence sur les attendus des formations et l’égalité de traitement des candidats.

Bien sûr Parcoursup peut encore être amélioré, il l’a d’ailleurs déjà été depuis sa création, mais les pistes que vous proposez n’atténueront pas ces inégalités, au contraire même.

Concernant l’anonymisation du lycée, comme le précisent les consignes ministérielles, le lycée d’origine ne doit pas être un critère d’évaluation des vœux. La Cour des comptes a cependant constaté que c’était parfois le cas et nous le condamnons. Anonymiser le nom du lycée et le remplacer par l’écart entre la moyenne des notes des élèves du lycée au contrôle continu et celle au baccalauréat permettrait, selon la Cour, de neutraliser les tendances à sur-noter ou à sous-noter des lycées et empêcher l’utilisation du nom du lycée pour départager les vœux.

Cette proposition nous semble difficilement compatible avec la réforme du bac en cours et les calendriers différents des épreuves du bac et de de la procédure Parcoursup. A contrario, ne pas disposer du nom du lycée empêcherait, à candidatures équivalentes, de favoriser l’ouverture sociale et la discrimination positive. Votre proposition pourrait se révéler contre-productive et empêcher le repérage de talents et de profils atypiques.

Concernant la transparence, permettez-moi de rappeler que jamais nous n’avons disposé d’un outil aussi transparent que Parcoursup. L’information y est accessible, riche et claire, les lycéens eux-mêmes le reconnaissent. Avant de faire leurs vœux, ils disposent, comme leurs parents et leurs professeurs, des attendus nationaux et locaux, des critères généraux d’examen des vœux, du nombre de places et du rang du dernier admis pour chaque formation.

Tout candidat peut connaître les motifs qui ont justifié la réponse à chacun de ses vœux. Et, depuis cette année, chaque formation publie sur Parcoursup un rapport détaillant les critères de sélection des candidats.

Vous souhaitez que cela soit rendu public en amont de la procédure. Ce sujet a été tranché par le Conseil constitutionnel. Dans sa décision d’avril 2020, il a rejeté un recours, en relevant que la protection du secret des délibérations des commissions constituait un motif d’intérêt général, qui vise à assurer leur indépendance et l’autorité de leurs décisions. Car Parcoursup n’est pas un algorithme, c’est une procédure à l’issue de laquelle une décision humaine est prise au sein d’une commission de professionnels.

D’ailleurs, nos collègues Sarles et Juanico, qui ont évalué Parcoursup, ne disent pas autre chose. Je les cite : « les avancées favorisant une plus grande transparence … permettent d’atteindre un équilibre satisfaisant. Aller plus loin et exiger la publication ex ante d’un barème constitué de l’intégralité des critères d’examen des candidatures, détaillés et pondérés, risquerait de conduire à un traitement totalement automatisé des dossiers, ce qui doit être absolument évité. Seule l’intervention humaine permet en effet d’envisager la diversité des profils des candidats et d’aboutir à la véritable équité de traitement …»

Concernant le plan d’action que vous voulez inscrire dans la loi je tiens à rappeler les efforts réalisés en termes d’ouverture de places : 70.000 ont été créées depuis 2017. En cette rentrée 2021, 34.000 ont été ouvertes dont 13.000 en 1ère année, sur Parcoursup, dans les formations les plus demandées : formation de santé et paramédicales (notamment en IFSI), en STAPS, en sections de technicien supérieur (STS)…

A l’article 2, vous proposez un accompagnement personnalisé des lycéens. Cet accompagnement existe, il a été créé en 2018. 54h sont désormais consacrées à l’orientation en terminale et 2 professeurs principaux permettent aux lycéens de bénéficier d’un accompagnement adapté à leurs besoins. Ce dispositif est encore récent, son application bien sûr variable selon les lycées. Nousgroupe a demandé une mission flash sur le sujet de l’orientation. Elle vient de débuter et nous permettra de faire un point objectif sur ce sujet. 

Enfin vous proposez que les spécialités suivies au lycée soient mentionnées dans les attendus et dans les statistiques d’admission. Lors de leur audition, les syndicats lycéens nous ont dit qu’ils étaient opposés ça car ils craignent que cela ne ferme des possibilités aux lycéens qui n’ont pu ou voulu choisir celles-ci. Cette proposition pourrait donc être contreproductive. Parcoursup propose déjà des conseils aux lycéens sur les choix d’enseignements, de spécialités ou d’options en première et terminale. Mais ce sont des conseils et non des obligations. Quant aux statistiques, elles comprendront ces informations. 

Pour toutes ces raisons, nous voterons contre les articles de cette proposition de loi et contre les amendements proposés.

Conseil du 6e arrondissement – Intervention sur le voeu relatif à la révision de la gouvernance métropolitaine

Monsieur le Maire du 6ème arrondissement, mes chers collègues,

Vous nous proposez aujourd’hui un vœu relatif à la gouvernance de la Métropole de Lyon. Ce vœu s’inscrit dans une série d’actions de communication menées par les maires de droite de notre agglomération depuis la rentrée. Il porte sur 2 choses :

  • Le premier point, c’est la mise en place d’une mission d’information parlementaire. J’ai envie de vous répondre que votre vœu est déjà exaucé. Le Président du Sénat, en déplacement dans notre Métropole, a annoncé le mois dernier la mise en place de cette mission d’information.
  • Le 2nd point, ce n’est rien de moins qu’une révision des dispositions législatives applicables à la Métropole de Lyon, avant 2026 ! Finalement, on se demande à quoi bon mettre en place une mission d’information parlementaire, puisque vous avez déjà les conclusions. Il faut changer la loi ! Et vous savez déjà dans quel sens il faut la changer.Tout ça n’est pas sérieux. La loi n’est pas un outil de communication.

Ne mélangeons pas tout : il y a un problème avec la nouvelle gouvernance de la Métropole de Lyon, c’est indéniable. Mais ce problème n’est pas structurel : il est celui d’un exécutif dogmatique et vertical. Cet exécutif ne méprise pas seulement les communes, il méprise également ses élus d’opposition.

Il est évident que Bruno Bernard n’a pas pris la mesure de ce qu’était la Métropole de Lyon, à la fois une collectivité territoriale, avec sa légitimité propre, et un outil au service de ses territoires. Il n’a pas pris la mesure de ce que la culture de partenariat lyonnaise impliquait.

Le modèle lyonnais existe. C’est un modèle de partenariat entre acteurs, quels que soient leur nature, entre collectivités, quelles que soient leur couleur politique. Il a fonctionné pendant 40 ans et il a permis à notre ville de devenir ce qu’elle est aujourd’hui. C’est ce modèle qui est foulé au pied par le nouvel exécutif métropolitain. Mais j’ajouterai qu’il est également malmené par le Président de la Région, que vous soutenez.

Ce modèle lyonnais, il nécessite le dépassement des clivages et l’abandon du fonctionnement sectaire, voire clanique que nous observons aujourd’hui à la fois chez les verts comme chez certains LR. J’en veux pour preuve les similitudes d’exclusion des manifestations les élus qui ne sont pas de la bonne couleur politique : ainsi je n’étais invitée à l’accueil des nouveaux habitants du 6ème par vous-même Monsieur le Maire, ni au lancement de l’ANRU à Mermoz dont je suis la députée. En matière de sectarisme et de non-respect de la démocratie, Verts comme LR font la paire, si vous me permettez ce jeu de mot.

Je ne crois pas au retour en arrière. Certains dans les rangs de la Droite, voudraient refaire de la Métropole un EPCI, rêvent d’un retour de la «Courly » … C’est d’ailleurs l’objet d’un amendement déposé au Sénat par votre ami Etienne Blanc. Mais qu’est-ce que cela veut dire ? Doit-on « défusionner » – pardonnez-moi le barbarisme – la communauté urbaine et le Département ?

Il est important nous dit-on que chaque Maire soit représenté. Mais peut- on vraiment se satisfaire d’un modèle dans lequel notre Ville, Lyon, a 57 délégués pour plus de 500 000 habitants quand Saint Romain en a un pour moins de 1200 habitants. Autrement dit, le fait que la voix d’un Lyonnais pèse au sein de la Métropole 8 fois moins que celle d’un Saromagnot, est-ce cela votre conception de la Démocratie Monsieur le Maire du 6ème arrondissement ? Est-ce cela votre conception de l’égalité républicaine ? Avez-vous, en demandant cela, l’impression de défendre les habitants du 6ème arrondissement ?

Pour conclure, j’appelle l’exécutif métropolitain à renouer le dialogue avec les Maires du territoire, avec ses élus d’opposition et avec l’ensemble des citoyens. Mais je ne voterai pas ce vœu, qui n’est rien d’autre qu’une opération de communication, une gesticulation politicienne de la part d’élus de Droite qui cherchent à faire parler d’eux.

Je voterai contre un retour en arrière et défendrai cette métropole en attendant le jour où elle sera dirigée par des élus qui en comprennent toute la puissance et toute la pertinence.

Je vous remercie.

Conseil du 6e arrondissement du 30 novembre 2021 – Intervention sur les « dark store »

Monsieur le maire du 6e arrondissement,

Je vous remercie pour le sujet de cette question écrite.

Le dark store est un nouveau modèle de logistique urbaine permettant de répondre à l’essor du e-commerce. Les dark stores sont des entrepôts miniatures qui ont la particularité d’être positionnés en ville à proximité immédiate de leurs lieux de livraison. Ils sont ainsi à mi-chemin entre l’entrepôt de périphérie et le point de livraison et permettent de raccourcir massivement les délais de livraison.

La montée en puissance des dark stores est préoccupante car elle menace la qualité de nos quartiers, sur le sujet de leur animation, comme de leur qualité de vie, grandement dépendantes de leurs commerces de proximité.

Or l’essor des dark stores réduit la fréquentation des commerces locaux, par l’usage des achats sur internet et les livraisons à domicile qu’ils permettent et développent. Par ailleurs cette hausse du nombre de dark stores, intervenant dans un contexte de reprise économique, suite à la crise sanitaire, limite la reprise de l’activité des commerces physiques et leur fréquentation.

Ensuite le développement de ces boutiques situées en pied d’immeuble dans des locaux commerciaux, qui n’accueillent pas de clients, dont les portes sont fermées, voire dont les vitres sont fumées, prive le quartier de commerces animés et transforme les pieds d’immeuble en façades aveugles et tristes.

Enfin, elle peut aussi générer des problèmes de circulation avec les livreurs et les camions.

Les difficultés économiques conjoncturelles, sur les faillites et fermetures qui sont intervenues durant la crise favorisent le développement de ces magasins fantômes. Les propriétaires ont besoin de louer et trouvent dans ces commerces des opportunités nouvelles. Bien sûr la progression du e-commerce durant la pandémie, par peur des contaminations et limitation des déplacements, les a aussi favorisés.

Il est urgent d’agir pour tenter de contenir cette évolution très rapide et pour l’organiser sur le territoire de la ville.

Je suis favorable à ce que nous posions cette question à la Mairie de Lyon. Je vous remercie.

Conseil du 6e arrondissement – Intervention sur la participation de la Ville à l’API meublé

Monsieur le Maire du 6ème arrondissement, mes chers collègues,

Cette délibération porte sur la participation de la Ville de Lyon à une expérimentation lancée par l’État, qui vise à faciliter l’échange de données entre les intermédiaires de location de meublés de tourisme et les communes.

Je souhaite saluer le lancement de cette expérimentation, qui permettra aux communes concernées de disposer de davantage de données. Je me réjouis que la ville de Lyon y participe, même si cela n’induit aucun engagement financier de sa part. Je voterai donc cette délibération.

Notre ville est belle, nous en sommes fiers et nous ne pouvons que nous réjouir qu’un tourisme de particuliers s’y développe. Malheureusement, ces dernières années ont vu se multiplier les meublés de tourisme, dans une certaine forme d’anarchie.

L’essor de plateformes internet spécialisées, à l’origine basée sur un principe d’économie collaborative, mais dont les acteurs se sont vite professionnalisés, a participé à la massification du phénomène.

Aujourd’hui, il est plus rentable pour un propriétaire de louer son bien sur une de ces plateformes que de le louer à une famille ou à un étudiant. La conséquence en est qu’un nombre considérable et croissant de logements sont « retirés » du marché de la location chaque année, au profit de meublés de tourisme. Le phénomène est massif dans les quartiers les plus touristiques de notre ville, mais il concerne la quasi- totalité de Lyon. Il a dégradé la situation du logement étudiant dans notre Métropole déjà pas facile et j’espère que le nouvel exécutif métropolitain va enfin s’en saisir.

Mieux connaître le phénomène, mieux le quantifier, c’est important. Mais ce n’est pas suffisant. Si l’on n’arrive pas à le réguler, tous les efforts qui sont faits en parallèle pour juguler les prix du logement resteront vains.

La majorité métropolitaine à laquelle j’appartenais lors du dernier mandat avait mis en place une réglementation visant à encadrer les meublés de tourisme. Il appartient à la ville de Lyon, comme le rappelle la délibération, de veiller au respect de cette réglementation. La transmission des données devrait lui faciliter la tâche.

Je m’interroge néanmoins : les moyens alloués au contrôle sont-ils suffisants ? Au-delà de se raccrocher aux expérimentations de l’État, la Ville envisage-t-elle de renforcer ces moyens pour faire appliquer la règle ?

Je voterai bien sûr cette délibération. Je vous remercie.

Conseil du 6e arrondissement du 30 novembre 2021 – Projet éducatif territorial

Monsieur le maire du 6e arrondissement,

Chers collègues,

En tant qu’ancienne conseillère d’arrondissement déléguée aux affaires scolaires et ancienne adjointe à l’éducation du Maire de Lyon, vous vous doutez que j’ai vu arriver avec beaucoup d’intérêt le nouveau projet éducatif de la Ville de Lyon.

Je l’ai lu avec attention, je l’ai même relu plusieurs fois afin d’en saisir l’ambition pour nos enfants et nos jeunes et je dois avouer que j’ai été très déçue.

Qu’apprend-on dans ce PEDT nouvelle formule ?

Tout d’abord les 2/3 du document – 46 pages sur 68 – sont constitués de la reconduction pour deux ans de la convention relative au PEDT et au plan mercredi élaborée par l’exécutif précédent. Heureusement que nous avons bien travaillé de 2014 à 2020, sinon je pense que le document aurait été encore plus creux.

Que peut-on lire dans ces 22 pages ? Tout d’abord de l’autosatisfaction. Nous commençons à y être habitués. Le PDT est qualifié « d’ambitieux de par ses modalités de construction, de mise en œuvre et d’animation » par le Maire de Lyon.

Concernant les modalités de construction, on lit page 6 qu’elles seraient « le fruit d’une concertation inédite ». Tous les nouveaux élus ne connaissent pas bien Lyon et son histoire. Ils pourraient toutefois savoir que d’autres élus les ont précédé et qu’ils ont pu eux aussi avoir de bonnes idées. Nous avons par le passé organisé de grandes concertations à Lyon, à l’échelle de la ville, mais aussi des arrondissements et parfois même pour certains sujets dans les écoles. Certains acteurs éducatifs avec qui j’ai pu échanger m’ont fait part de leurs doutes sur cette concertation qui ne semble pas avoir été si ouverte. Quant à la co-construction éducative, là encore, je suis au regret de vous apprendre que ce n’est pas vous qui l’avez inventée même si vous la renommez alliance.

Concernant la mise en œuvre, il est dit toujours page 6 que cette « co- construction du projet témoigne d’une forte volonté d’élargir la vision de l’éducation. » J’ai eu beau chercher dans ces 22 pages, je n’ai pas trouvé en quoi, si ce n’est en mettant l’écologie en pointe du projet comme si l’éducation des enfants se résumait à ce thème.

Quant à l’animation, le schéma présenté reprend l’organisation mise en place lors des précédents PEDT.

Sur la mobilisation de tous les acteurs locaux, dont (il est dit) des experts de certaines thématiques, on a beau chercher, on n’en lit rien dans ces 22 pages. On peut soupçonner par l’introduction de la thématique écologique, citée 12 fois en 22 pages, l’introduction des experts du sujet et autres amis de l’exécutif…

Seul propos positif, ce projet est qualifié d’humaniste et c’est rassurant car il est dédié à nos enfants, aux citoyens de demain.

Les ambitions partagées à travers cette concertation soit-disant inédite sont donc :

– l’éducation à la transition écologique : 1ère ambition éducative de la ville de Lyon pour ses enfants. Ce n’est ni qu’ils grandissent bien, ni qu’ils s’épanouissent. Non ce qui compte c’est qu’ils soient éduqués à la transition écologique. C’est paradoxal quand on prétend mettre l’enfant au cœur du projet éducatif.

– l’éducation à la citoyenneté, à l’engagement et émancipatrice: l’éducation à la citoyenneté est effectivement un point important de la vie en société et je partage totalement l’ambition émancipatrice. Reste à voir les moyens donnés pour y arriver.

– l’éducation co-construite, plus juste, plus solidaire et plus inclusive : de beaux principes mais concrètement quoi de neuf ?

On lit aussi dans ce PEDT des paroles d’enfants. J’ai toujours trouvé limite cette méthode qui consiste à utiliser les enfants pour porter ses propres idées.

Alors quoi de neuf ? J’ai cherché dans les exemples d’actions. J’y ai trouvé beaucoup de choses qui existent déjà : cultiver des potagers – cela existait déjà, et même dans le 6ème – visiter des marchés, cela relève des encadrants, enseignants ou animateurs, qui le font déjà et même dès la crèche, comme on le voit sur le marché Montgolfier, faire l’école dehors, végétaliser les cours, faire des sorties sport-nature, les intervenants musicaux, la formation à la laïcité, l’éducation à la santé, la formation au handicap : là encore rien de nouveau, apprendre à rouler, c’est nous qui avons mis en place le savoir rouler en CM2 et les pistes vélos dans les cours de maternelle, relancer les pédibus, ils ne fonctionnent pas faute de volonté des parents et des problèmes de responsabilité, un meilleur accès aux transports en commun ? Bonne idée ! Comment ?

Parmi les nouvelles actions, il y a le projet artistique « rue des enfants ». Si l’ambition artistique pour les enfants revient à leur faire choisir la couleur des tags dans la rue, c’est qu’elle a bien diminué. On est loin des classes à l’auditorium ou des classes orchestres.

Il y a aussi le conseil d’arrondissement des enfants : c’est une expérience formidable pour les quelques enfants élus et ça permet une belle photo et une belle opération de communication pour le Maire, mais cela ne fait malheureusement pas progresser la citoyenneté de tous les enfants. Les forums enfants sont beaucoup plus intéressants et utiles.

En fin de document, j’ai trouvé deux actions à la fois nouvelles et pertinentes : la vidéo par un LAP et l’animation des foyers socio-éducatifs en collège par les associations d’éducation populaire même si je crois savoir que cela existe en fait déjà. Mais le généraliser est une bonne idée.

Dernier point il est encore indiqué dans ce document que les rues des enfants sont des rues piétonnisées. Elles le sont sur le papier, mais pas dans les faits. Si elles sont interdites aux voitures, les vélos, les trottinettes et les scooters continuent d’y circuler, au mépris du code de la route, et les enfants n’y sont pas en sécurité. Le Maire de Lyon a lui-même admis dans le Progrès être passé dans une de ces rues soit-disant piétonne, la rue Meynis, à vélo. Il aurait dû mettre pied à terre.

En résumé, ce projet est bourré de bonnes intentions. Il cherche à faire du neuf avec du vieux (le changement de vocabulaire est une méthode hélas connue pour faire cela) même si le vieux était de qualité, et c’est sûrement la raison pour laquelle il est intégralement repris.

Rien de neuf donc, si ce n’est encore et toujours l’écologie au premier rang des priorités éducatives du Maire.

Je suis bien sûr favorable à l’accélération de la transition écologique. Je pense toutefois qu’il s’agit d’une responsabilité d’adultes, qu’il ne faut pas faire peser sur nos enfants et nos jeunes. Il faut leur apprendre

certains réflexes sur les économies d’énergie et d’eau, le tri ou encore le respect de la nature. Et accompagner en cela l’éducation de leurs parents. Mais pas les culpabiliser et encore moins les endoctriner.

Ceci demande de la nuance, de la retenue. Car sinon ce que cela génèrera c’est de l’éco-anxiété. Déjà très développée chez les enfants, elle inquiète énormément les pédopsychiatres.

Il est important de ne pas jouer sur les peurs et la culpabilité. Je demande de ne pas jouer avec nos enfants, ni en les instrumentalisant, ni en les effrayant.

Je voterai ce PEDT car c’est une reconnaissance de notre travail passé et surtout parce que je fais confiance aux enseignants, aux acteurs associatifs et aux agents de la direction de l’éducation engagés pour les petits lyonnaises et lyonnais pour mettre en œuvre ce projet éducatif de manière équilibrée et adaptée aux enfants et non de manière dogmatique.

Je vous remercie.

Conseil du 6e arrondissement du 30 novembre 2021 – Intervention sur la propreté

Monsieur le Maire du 6ème arrondissement, mes chers collègues,

Cette délibération porte sur le renouvellement d’une convention de gestion du dispositif de propreté de la rue Garibaldi entre la Ville de Lyon et la Métropole de Lyon. Je voterai cette délibération, qui contribue à simplifier l’action des services publics. Elle maintient en effet le principe d’un opérateur unique, en l’occurrence la Métropole, pour la propreté de cette portion de la rue Garibaldi.

Mais je voudrais saisir l’occasion de cette délibération pour évoquer le sujet de la propreté dans notre arrondissement.

Je suis régulièrement interpellée par des habitants du 6e arrondissement sur ce sujet. Ils me disent que la propreté, notamment des trottoirs, s’est dégradée ces derniers mois dans le 6e.

Les remarques portent sur différents aspects : déjections canines, de plus en plus nombreuses, détritus, verres cassés, notamment aux abords des silos de collectes, mégots, et bien sûr masques.

Certains riverains de la place Brosset se plaignent également d’odeurs d’urine aux abords de cette place… (désolée de ce détail concret)

Si ce sentiment de dégradation de la propreté est partagé par de nombreux habitants, il est cependant difficile à objectiver. Disposez-vous de statistiques de signalement de toodego qui permettraient par exemple de mettre en rapport la situation avec les années précédentes ?

Par ailleurs, quelles sont les actions concrètes que vous mettez en place, Monsieur le Maire du 6e arrondissement, madame l’adjointe à la voirie et à la propreté, pour améliorer la propreté de nos rues et ainsi améliorer le cadre de vie de chacun d’entre nous ?

Je vous remercie pour les réponses que vous apporterez à ces questions, et je voterai pour cette délibération.

Conseil du 6e arrondissement du 30 novembre 2021 – Intervention sur les droits de place des marchés

Monsieur le Maire du 6ème arrondissement, mes chers collègues,

Cette délibération porte sur les droits de place des marchés pour l’année 2022. Je voterai cette délibération, mais j’en profite pour évoquer la question des marchés.

Les marchés sont des lieux de vie cruciaux pour nos quartiers. Ils participent à leur animation, ils sont des lieux de rencontre, et ils sont aussi bien sûr des lieux d’approvisionnement de proximité pour nombre de nos concitoyens.

Ce sont aussi grâce aux nombreux producteurs de la région qui viennent y vendre leurs produits – et on sait à quel point les environs de Lyon sont des terroirs d’excellence – des lieux où l’on trouve des aliments de qualité. Il m’a semblé comprendre que ce point était pour l’exécutif une priorité, priorité que je partage.

Notre arrondissement compte 5 marchés par semaine, sur 3 sites différents : Tête d’Or, Montgolfier et Bellecombe. C’est trop peu. Il me semble qu’il existe un espace pour un marché alimentaire supplémentaire, qui pourrait par exemple se tenir un soir de semaine pour toucher une clientèle active.

Je pense qu’il faudrait envisager ce marché supplémentaire et de faire une vraie concertation auprès de la population du 6e, notamment sur le besoin d’un marché bio et sur l’emplacement et les horaires les plus appropriés.

Monsieur le Maire du 6e êtes-vous en faveur de la création de ce marché supplémentaire? Avez-vous déjà pris des initiatives sur ce sujet ? Si oui, je vous saurais gré d’en informer ce conseil, représentation des habitants du 6e arrondissement.

Je vous remercie.