Interrogations suite aux élections régionales de décembre dernier

Ce qui m’a frappé, passé le soulagement de ne voir aucune région basculer dans l’extrême-droite, c’est l’hétérogénéité des victoires de la droite.

Trois régions ont été gagnées par la droite grâce à la responsabilité des électeurs de gauche (PACA, Nord-Pas de Calais-Picardie, Alsace -Champagne-Ardennes-Lorraine) tandis que deux ont été gagnées en recherchant les voix du FN (Ile de France, Auvergne-Rhône-Alpes) et deux dans une triangulaire classique.

Que vont faire désormais les Président(e)s élu(e)s ? Vont-ils se souvenir d’où provient leur élection ? A cet égard les discours de victoire de Xavier Bertrand et de Christian Estrosi ont été très dignes envers les électeurs de gauche, qui, je crois, ont été soulagés de les entendre s’exprimer ainsi.

Et quelle politique sera menée demain en Ile de France et en Auvergne-Rhône-Alpes ? Sera-t-elle à l’écoute des électeurs qui ont voté Front National? Aux adeptes de la Manif pour tous ?

Pour ma part, je serai particulièrement attentive à la façon dont le nouvel exécutif de la région Auvergne-Rhône-Alpes traitera la question de la vie associative, car elle est symbolique à mon avis et ce pour 3 raisons.

Tout d’abord, parce qu’on sait que les subventions au monde associatif sont des variables d’ajustement budgétaire faciles pour des élus qui préfèrent faire porter les économies par des partenaires extérieurs que de les assumer directement.

Ensuite, parce qu’on a déjà aussi vu et compris comment une certaine droite a une façon pour le moins singulière de traiter l’indépendance associative… en ne la respectant pas ; en se posant la question d’un soutien non pas en termes d’utilité et de projet, mais en termes d’adhésion idéologique pure.

Je crains notamment que ne se retrouvent dans le viseur les associations d’éducation populaire. Parce qu’elles favorisent le vivre-ensemble, le pouvoir d’agir des habitants en développant la démocratie participative, qu’elles sont des porte-paroles de pensées parfois alternatives, elles font régulièrement l’objet, dans nos assemblées, d’attaques d’élu(e)s d’une certaine droite qui leur refusent toute légitimité.

Elles sont pourtant le terreau de la richesse de nos débats démocratiques, de la réflexion collective et de l’avenir de nos cités.

J’espère donc que la politique associative et culturelle de la Région, demain, ne se retrouve pas guidée par le dogmatisme et la peur de l’action citoyenne. Ce serait là un grave recul.

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