Le phénomène de métropolisation ou l’ouverture de nouveaux champs d’action politique

J’ai récemment entendu un exposé de Philippe Estèbe, docteur en sciences politiques et en géographie, directeur d’études à Acadie depuis 1995 et enseignant à Sciences Po, sur le phénomène de métropolisation.

Ce phénomène de création et d’émergence de métropoles est relativement récent en France et a été officialisé en quelque sorte par la loi MAPTAM du 27 janvier 2014. La France rattrape ainsi petit à petit les autres pays européens où les métropoles existent depuis plusieurs décennies.

Ce processus de métropolisation ne fait que débuter et il doit s’envisager sur la durée, notamment en ce qu’il change nos façons d’agir en termes de politiques publiques. En tant qu’élue municipale et élue métropolitaine depuis peu, c’est un sujet qui me passionne car il nécessite de la part des élus locaux de s’adapter pour encore mieux servir nos concitoyens.

Ainsi la création de la Métropole de Lyon, Métropole pionnière de France puisqu’étant la seule dotée de compétences aussi larges, change la façon de conduire ces politiques dans cette nouvelle institution territoriale.

C’est à ces sujets que P. Estèbe propose plusieurs pistes :

  • Il nous faudra tout d’abord gérer les tensions entre le dedans de la Métropole (la gestion « classique » d’une agglomération et de ses relations avec les communes qui la composent) et le dehors de la Métropole (la question des relations avec les territoires voisins et notamment ceux du Pôle Métropolitain).

  • Ensuite il faudra passer de la gestion des stocks (stocks d’emplois, stocks de logements …) à la gestion des flux (flux de marchandises, flux d’emplois, flux d’habitants…).

La Métropole ne doit pas simplement fournir des services (des logements, des emplois, des moyens de transport…) aux habitants, elle doit leur permettre de construire leurs propres parcours.

Elle doit se développer pour permettre à chacun de construire sa réussite scolaire (parcours d’éducation). Elle doit aussi rendre possible des parcours résidentiels adaptés et des parcours dans l’emploi pour progresser.

Cette notion de flux est à la fois nouvelle et essentielle. Les habitants de la Métropole ont des besoins qui évoluent au fil de leur vie et il faut que la Métropole leur permette de suivre cette évolution.

En tant qu’adjointe à l’éducation de la Ville de Lyon, j’observe ainsi les parcours résidentiels des familles : celles avec jeunes enfants s’installent dans la Ville de Lyon, dans des appartements de petite taille, puis, les enfants grandissant, elles déménagent dans les villes de la 1ère couronne où elles trouvent des appartements plus grands voire des maisons. Ainsi de nombreux enfants débutent leur parcours scolaire en maternelle à Lyon et la poursuivent ensuite dans une autre commune de la Métropole.

Ce phénomène impacte la composition de nos effectifs scolaires et le profil de nos écoles : les enfants de maternelle y sont proportionnellement plus nombreux.

Elle me conduit aussi à réfléchir à notre offre éducative. En effet, nous construisons des parcours éducatifs pour nos élèves or certains d’entre eux ne peuvent en bénéficier car ils quittent la ville avant la fin de leur primaire. Aussi je réfléchis au moyen de travailler à l’échelle de la Métropole afin de définir des actions pédagogiques communes, ce qui permettrait à un enfant qui déménagerait au sein de la Métropole de Lyon de poursuivre son éducation sans rupture. C’est un projet qui nécessite une forte coopération entre communes de la Métropole. C’est un projet que le Pacte de cohérence métropolitain (lien) peut nous aider à construire.

C’est ainsi je pense que nous adapterons notre action, en utilisant toutes les valeurs ajoutées de notre Métropole. C’est grâce à ses compétences élargies, aux synergies entre les compétences urbaines et humaines et aux coopérations qui s’y déploieront, que nous développerons du progrès pour chacun.e de nos concitoyen.ne.s.

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