Mon intervention au sujet de la Charte de Coopération Culturelle lors du Conseil Municipal du 19 novembre dernier

Monsieur le Maire,

Chers collègues

Je voudrais profiter de cette délibération, consécutive à la réception du prix international 2018 CGLU-Ville de Mexico-Culture 21, pour revenir sur ce qui nous a valu cette distinction : notre charte de coopération culturelle.

Cette charte a été mise en place dès 2004, et nous sommes actuellement en cours de mise en œuvre de sa 4è édition signée l’an passé et qui court jusqu’en 2020.

Elle associe désormais 28 structures culturelles : musées, théâtres, établissements d’enseignement, bibliothèque, Opéra, Maison de la danse, service archéologique, direction des événements…

Le principe en est simple : il s’agit d’impliquer ces structures et institutions culturelles dans le cadre du contrat de Ville et d’orienter une partie de leurs actions vers les territoires prioritaires et les publics dits « empêchés ».

Notre Ville est riche de ses institutions culturelles, diverses et prestigieuses. Elles contribuent à l’image de notre ville, à son rayonnement et à son attractivité. Elles construisent surtout l’accès à la culture pour tous en permettant que ce dynamisme culturel profite à tous les lyonnaises et lyonnais.

L’accès à la culture pour tous se travaille pour tous les âges et aussi pour toutes les bourses grâce à des programmes et à des offres adaptés et divers. Son axe le plus complexe reste, dans de nombreux pays et de nombreux territoires, l’accès à la culture pour nos concitoyens des quartiers les plus populaires.

Par cette charte, innovante et exemplaire, notre ville démontre l’importance de la culture au cœur de notre projet de développement, au cœur de notre façon de construire la ville de demain. Car cette charte est à la fois un mode de faire ensemble, un mode de coopération, et un outil pour permettre l’émancipation de chacun en permettant l’accès à la culture à ceux qui en sont les plus éloignés, géographiquement, culturellement, socialement.

D’ailleurs cette expérience lyonnaise fait figure d’exemple en France – où elle a été reprise dans d’autres villes comme à Paris – mais aussi à l’international, comme à Liège ou à Helsinki. Sans oublier bien sûr plus près de nous la signature la semaine dernière de la 2ème charte de coopération culturelle de la Métropole de Lyon qui a réuni les signatures de 20 maires de communes en politique de la Ville, leurs équipements culturels et les 8 établissements culturels métropolitains.

Ce prix attribué à Mexico est une véritable reconnaissance des Cités et Gouvernements Locaux Unis, regroupement de 350 000 collectivités adhérentes. C’est une reconnaissance mondiale pour cette charte qui continue à innover même pour sa 4ème édition. Strictement axée sur les territoires politique de la ville, la charte s’est élargie vers des publics empêchés et intègre de nombreuses thématiques : insertion, social, territorial, égalité, éducation.

Le savoir-faire et l’expertise de la Ville de Lyon dans les champs de la culture et de l’inclusion sociale sont ainsi salués.

Pour conclure, je souhaite bien évidemment saluer le travail qui a été accompli par Georges Képénékian, à l’époque où il était adjoint à la culture qui a permis la concrétisation de ce bel outil, puis par Loïc Graber. Merci à tous les établissements culturels qui s’impliquent ainsi qu’aux services de la Ville de Lyon pour ce travail.

Je vous remercie

Un internet de croissance pérenne et équitable

Capture d’écran 2018-09-13 à 10.37.44

🇪🇺🏛 Hier le Parlement Européen a vécu trois temps forts et marquants :

  • Le discours de l’état de l’Union en 2018 du Président de la Commission Européenne M. Juncker.
  • Le vote de l’application de l’article 7 à la Hongrie de Viktor Orban, article qui lance un processus au terme duquel l’État Membre se voit privé de son droit de vote.
  • L’adoption après des débats intenses du projet de réforme de la directive sur le droit d’auteur à l’ère numérique.

Ce dernier vote a été salué par les acteurs professionnels ainsi que par nombre d’élus, dont les députés #LaRem de la Commission des affaires culturelles auxquels j’appartiens, qui avaient appelé à ce vote (cf tribune sur mon blog).

 

Cette issue du long travail du parlement européen démontre que lorsque l’on aborde le sujet d’internet avec bonne foi et lucidité des solutions sont possibles sans tomber dans les excès, soit d’une impossibilité de réglementer, soit de blocage a priori de contenus.

 

🖌📖 Créer des contenus c’est le fondement même du développement économique et culturel. Les rendre accessibles, partageables, « commentables » est aussi une contribution au développement collectif.

 

Rééquilibrer la chaîne de la valeur c’est-à-dire « qui perçoit quoi » dans les rentrées financières liées à cette activité sur le « world wide web » était nécessaire.

 

💻📱 Désormais, l’utilisation de contenus (comme des extraits) par une plate-forme numérique ouvrira droit à contrepartie financière pour son auteur. Il s’agit là d’une avancée majeure pour la protection du droit d’auteur.

 

📰🗞 Cette directive va permettre que les artistes, auteurs et interprètes, maintiennent leur visibilité sur le « web » mais soient mieux rémunérés et puissent garder un contrôle sur leurs œuvre. Plus particulièrement, elle ouvre un droit voisin pour la presse.

 

Une nouvelle phase de discussion débute maintenant entre le Parlement européen, la Commission Européenne et le Conseil. Avec le Gouvernement et le Parlement français, je continuerai d’être pleinement mobilisée afin que la suite des négociations confirme ces avancées.

Pour en finir avec l’assignation à résidence, nous faisons le choix de la culture

Voici la tribune rédigée par ma collègue Aurore Bergé et que j’ai cosignée.

Elle a été publiée dans le Huffington Post aujourd’hui et me tient particulièrement à coeur.

 

Il est fini le temps où le budget de la culture était la variable d’ajustement du budget de l’Etat.

Madame françoise Nyssen, Ministre de la Culture © droits réservés
Madame françoise Nyssen, Ministre de la Culture © droits réservés

L’engagement pris devant les Français par le Président de la République est plus que tenu par la Ministre de la Culture Françoise Nyssen: l’effort de l’Etat en faveur de la culture est non seulement préservé, mais conforté avec un budget voté de 10 milliards d’euros pour 2018.

Un budget pour mettre l’éducation artistique et culturelle au cœur de l’école

Bâtir une école de la confiance, c’est permettre à chaque enfant de France d’avoir un accès facilité à l’art, son expression et sa pratique. Nous développerons les chorales: la moitié des écoles de France doit pouvoir en être dotée dès la rentrée prochaine. Nous développerons les jumelages entre chaque établissement scolaire et un établissement culturel local, pour favoriser les sorties et les activités artistiques des enfants.

Un budget pour rendre la culture accessible à tous

Nous tiendrons l’engagement de la mise en œuvre du Passeport Culture, qui doit être un passeport culturel vers l’âge adulte pour chaque jeune, en permettant par exemple d’accéder à des enseignements artistiques, des œuvres ou encore des lieux culturels.

Bibliothèque Marguerite Yourcenar à Lyon © droits réservés
Bibliothèque Marguerite Yourcenar à Lyon © droits réservés

Un budget pour bâtir la République des livres

Les bibliothèques constituent le premier réseau culturel de proximité dans notre pays. Dans nos villes et nos villages, on compte autant de bibliothèques que de bureaux de Poste. Elles doivent être des lieux de vie ouverts. La mission confiée à l’écrivain Erik Orsenna viendra donner corps à cette ambition.

Un budget qui marque notre attachement à une culture ouverte

Celle dont notre patrimoine est le socle. Un patrimoine qui n’est pas figé, et qui n’est pas uniquement concentré à Paris et dans sa région.

Notre budget contient les moyens nécessaires à sa préservation, sa restauration, et son ouverture à tous les citoyens.

Un budget qui, enfin, soutient la France des artistes et des créateurs

Le soutien à la filière musique et à l’internationalisation de nos artistes est réaffirmé au travers de l’augmentation sans précédent du budget du Bureau Export, sous l’impulsion des députés de la majorité. Par ailleurs, le développement de projets qui permettent aux artistes de rencontrer les publics dont ils sont traditionnellement éloignés est une priorité et ils recevront un soutien particulier.

© droits réservés
© droits réservés

La culture est le levier le plus puissant d’émancipation

La maîtrise de notre langue, la connaissance de notre histoire, la diffusion des valeurs ancrées dans nos livres, dans notre musique, dans nos musées luttent plus que tout autre levier contre le communautarisme. Tout comme ils permettent à chacun d’aller au-delà de sa condition initiale.

Nous devons en finir avec l’assignation à résidence qui enferme, condamne, dans un territoire, dans un patronyme, dans une identité réductrice.

C’est ce que nous faisons en votant pour un budget pour la culture ambitieux.

Les signataires :

Aurore Bergé, Gabriel Attal, Bruno Studer, Pierre Person, Anne Brugnera, Danièle Cazarian, Sylvie Charriere, Fabienne Colboc, Jacqueline Dubois, Raphaël Gérard, Valérie Gomez-Bassac, Danièle Hérin, Gaël Le Bohec, Claire O’Petit, Béatrice Piron, Cécile Rilhac, Stéphanie Rist, Marie-Pierre Rixain, Bertrand Sorre, Stéphane Testé