Vaccination : la santé publique nous engage tous

La Ministre de la santé a courageusement repris le travail fondamental de santé publique qu’est celui de la vaccination.

8 vaccins actuellement recommandés vont devenir obligatoires : coqueluche, Haemophilus influenzae de type B, hépatite B, pneumocoque, rougeole, oreillons, rubéole, infections à méningocoque de type C.

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Comme Adjointe à la Ville de Lyon, j’ai eu à gérer des crises  et parfois même des vaccinations massives en urgence liées à des cas de méningite dans des écoles : les atermoiements entretenus par certains esprits réactionnaires m’ont alors semblé déplacés, car la vie de nombreux écoliers était en jeu du fait du refus d’une seule famille de faire vacciner son enfant.

Je rappelle qu’en 2015 la couverture vaccinale des enfants de deux ans contre les infections à méningocoque de type C était de seulement 71% et que celle des enfants de 6 ans avait chuté à seulement 44% (source Échantillon généraliste des bénéficiaires –EGB-).

Nous sommes loin du seuil de 95% nécessaire pour assurer la couverture collective dont nous avons besoin, dont nos enfants ont besoin.

En France, l’obligation vaccinale a fait progresser par le passé le taux de population vaccinée.

Or un débat philosophique a émergé à ce sujet ces dernières années au motif que cette vaccination obligatoire irait à l’encontre des libertés individuelles.

Mais de quelle liberté s’agit-il ? Surement pas la liberté d’être en bonne santé, d’être protégé par des règles collectives.

J’avoue être inquiète du manque de respect pour la santé d’autrui porté par des campagnes de désinformation parfois obscurantistes, opposées à la vaccination.

Lorsque le rapport bénéfice/risque, qui est à mes yeux le seul élément déterminant en matière de santé publique, est largement favorable à la population concernée, il faut mettre en place la vaccination.

Nous risquons bien moins, nos enfants risquent bien moins, à être vaccinés qu’à ne pas être vaccinés.

Nous sommes bien plus en sécurité, nos enfants sont bien plus en sécurité, en étant vaccinés.

Interpeler les pouvoirs publics sur la transparence quant à la méthode d’évaluation de ce rapport bénéfice/risque est légitime. Demander une information de qualité à ce sujet est normal dans une démocratie moderne. Rechercher en permanence à améliorer la qualité des vaccins pour augmenter le rapport bénéfice/risque est une saine exigence progressiste.

Mais semer des rumeurs, entretenir les peurs par des mensonges et des affirmations non scientifiques est dangereux.

Ne pas se vacciner, ne pas vacciner ses enfants, pire inciter les autres à ne pas le faire par pur dogme, ce n’est pas un exercice de liberté ni de libération individuelle, c’est une mise en danger de la santé d’autrui qui peut avoir des conséquences graves.

La réalité de notre humanité est que, physiquement, biologiquement, nous sommes interdépendants.

Pour ce qui relève de la santé, cette interdépendance ne peut être gouvernée que par la raison et la décision démocratique et non par la peur et la décision isolée.

Pour toutes ces raisons, je salue, je soutiens et j’appelle à soutenir la courageuse et responsable démarche de Mme Agnès Buzyn, Ministre de la santé. Une démarche qui rejoint celle de la Ville de Lyon, Immuniser Lyon,  portée avec énergie par ma collègue Céline Faurie-Gauthier.

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Quelques vérités sur quelques rumeurs sur les vaccins

1°) « Cela entrainera un nombre de piqûres démesuré »

Faux. Quatre vaccins suffisent :

  • l’hexavalent (contre six maladies), qui inclut les trois vaccins jusqu’ici obligatoires (diphtérie, tétanos et poliomyélite, regroupés sous l’étiquette DTP) ainsi que la coqueluche, l’Haemophilus influenzae de type B et l’hépatite B ;
  • le ROR (contre trois maladies), qui protège contre la rougeole, les oreillons et la rubéole ;
  • le vaccin contre le pneumocoque ;
  • le vaccin contre les infections à méningocoque de type C.

2°) « Personne, à ce jour, n’a étudié les risques d’injecter autant de vaccins en si peu de temps »,

Faux. Les enfants français reçoivent aujourd’hui très largement ces vaccins puisque la majorité des enfants reçoivent les vaccins jusque-là recommandés. La couverture vaccinale pour ces 11 vaccins va de 70 à 99%, c’est insuffisant en santé publique mais suffisant pour être certain que : Ce sont des vaccins sûrs et utilisés depuis longtemps. Leur efficacité est prouvée scientifiquement.

3°) « Un bébé est trop fragile pour supporter des vaccins »

Faux : Loin de « fatiguer » le système immunitaire du nourrisson, les différentes études réalisées à ce sujet montrent au contraire que les enfants vaccinés ont de meilleures défenses que les enfants non vaccinés, y compris contre des infections sans lien avec les vaccins.

4°) « Le gouvernement fait un cadeau aux laboratoires qui vont toucher le jackpot.»

Faux : L’estimation du coût de l’élargissement de la couverture vaccinale visée s’élève 12 millions d’euros la première année pour l’assurance maladie : c’est le prix des doses supplémentaires pour atteindre une couverture vaccinale de 95% pour l’ensemble des vaccins rendus obligatoires. Les laboratoires ne verront pas dans l’extension d’obligation pour ces 8 vaccins une augmentation conséquente des commandes en vaccins qu’ils produisent déjà en grande quantité.

Il faut soustraire à cela le coût pour l’Assurance Maladie de toutes les hospitalisations évitables et des complications liées aux maladies qu’une meilleure couverture vaccinale permettra d’éradiquer.

5°) « Vacciner les enfants contre l’hépatite B n’aurait aucun sens, puisqu’il s’agit d’une maladie sexuellement transmissible. La campagne de vaccination a par ailleurs provoqué plus d’un millier de cas de scléroses en plaques. »

Faux : Le virus de l’hépatite B se transmet par le sang. Les risques de contamination existent par transmission au sein de l’entourage, par exemple par l’intermédiaire de petites plaies, d’objets de toilettes piquants ou coupants (ciseaux, coupe-ongles, brosses à dents…).

Faux : contrairement à ce qu’affirment les opposants à la vaccination, les nombreuses études réalisées sur le sujet n’ont jamais fait apparaître de lien de causalité entre l’apparition de la sclérose en plaques et la vaccination contre l’hépatite B.

6°) « Les adjuvants à base d’aluminium sont nocifs et c’est prouvé. »

Faux : l’hydroxyde d’aluminium est utilisé comme adjuvant dans de nombreux vaccins, pour stimuler la réponse immunitaire de l’organisme. Ce procédé améliore l’efficacité des vaccins, en particulier lorsqu’ils sont dits « inactivés », c’est-à-dire qu’ils utilisent des agents infectieux morts. L’utilisation de ce type de procédés a contribué à réduire le nombre de molécules antigéniques dans les vaccins. D’après les études menées sur le sujet, aucun lien de causalité n’a été établi entre la présence d’aluminium dans les vaccins et des troubles de la santé.

7°) « Les vaccins ont des effets indésirables toxiques »

Faux : les autorités scientifiques et médicales françaises ainsi que l’OMS insistent sur le rapport bénéfique/risque très favorable des vaccins. Tout vaccin doit faire l’objet d’une autorisation de mise sur le marché délivrée par les autorités compétentes européennes ou nationales avant commercialisation. Qualité, sécurité et efficacité, sont évaluées, le vaccin devant présenter un rapport bénéfice/risque favorable. Les effets indésirables possibles pour les vaccins inactivés ou vivants atténués injectés par voie intramusculaire, sont des réactions indésirables bénignes ou transitoires dont les plus fréquentes concernent des douleurs et des érythèmes au site d’injection et, des réactions systémiques telles qu’une fièvre de faible importance (comprise entre 37,2 et 37,8 °C).

 

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