Conseil d’arrondissement du mardi 18 octobre 2022 – Intervention sur le plan sobriété

Monsieur le Maire du 6ème arrondissement, mes chers collègues,

Je profite de cette délibération sur les illuminations pour dire quelques mots sur le plan de sobriété de la Ville de Lyon et le Plan Lumière.

Nous sommes tous conscient des impacts de la guerre en Ukraine sur notre approvisionnement en énergie pour cet hiver, et à ce titre je partage totalement la volonté qui a été celle de la ville de Lyon de bâtir ce plan de sobriété avec l’objectif de réduction de 10% de la consommation énergétique.

Je souhaitais toutefois vous faire part de quelques interrogations sur le volet lumière de ce plan.

Depuis la mise en place du premier plan Lumière en 1989, la ville de Lyon et son service d’éclairage public sont devenus des références en la matière au niveau international. En lien avec la dynamique des premières fêtes des lumières, s’est également développé à Lyon un écosystème économique d’excellence dans le domaine de la mise en lumière, sur le plan patrimonial comme sur le plan de l’éclairage des rues, et également sur le volet formation de nos jeunes.

Dans ces domaines, l’innovation a été très forte ces 30 dernières années, à la fois pour réduire la consommation d’énergie et ce qu’on appelle la pollution lumineuse.

Hélas, depuis 2020 et l’élection de M. Doucet, on peut faire le constat que l’éclairage patrimonial de notre ville est progressivement abandonné. De 7 jours par semaine, on est passé à 5. Puis à 4. Désormais, avec le plan sobriété, cet éclairage sera cantonné au samedi. Cette mise en lumière qui sublime notre ville, et qui fait aussi sa fierté et son attractivité, disparaît donc peu à peu.

Aussi je m’interroge : quel est le statut de ces mesures ? Sont-elles provisoires, et destinées à durer le temps que durera la crise énergétique, ou au contraire à être pérennisées? Deuxième question: quel est l’impact escompté en termes de consommation d’énergie de la mise en lumière patrimoniale d’une part, et de l’éclairage public d’autre part ? On sait que l’éclairage public ne constitue qu’une petite partie de la consommation de nos collectivités territoriales. N’y a-t-il pas des gains d’efficacité réalisables avec des mesures moins radicales que l’extinction pure et simple ?

Nous sommes dans une situation d’urgence et il nous faut réduire notre consommation pour faire face à cet hiver, tout en maintenant les services publics à destination des Lyonnais. Cependant, n’oublions pas non plus que la culture, le patrimoine, la mise en valeur de notre ville le soir alors que la nuit tombe fait partie de notre histoire lyonnaise et doivent être préservées en tant que tel.

Je vous remercie.

Conseil d’arrondissement du mardi 18 octobre 2022 – Intervention sur le soutien individuel aux athlètes de haut-niveau

Monsieur le Maire du 6ème arrondissement, mes chers collègues,

Notre pays accueillera en 2024, pour la première fois depuis un siècle, les jeux olympiques et paralympiques d’été. C’est un événement considérable, pour lequel nous nous préparons depuis plusieurs années et qui aura un retentissement mondial.

Par cette délibération, notre ville fait le choix de soutenir des athlètes licenciés dans des clubs de notre ville qui participeront à ces échéances. 28 sportifs de haut-niveau bénéficieront ainsi de ce soutien.

Je salue cette décision de soutenir nos athlètes et de soutenir à égalité le sport et le handisport, comme nous l’avions fait lors des précédentes olympiades. Je félicite également l’exécutif, une fois n’est pas coutume, de soutenir également les guides des athlètes déficients visuels, ce qui est une façon de reconnaître leur rôle fondamental dans le handisport.

Je voterai cette délibération. Je vous remercie.

Audition de madame Sylvie Retailleau, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche par la commission des Affaires culturelles et de l’éducation

Mercredi 21 septembre, la commission des Affaires culturelles et de l’éducation auditionnait Sylvie Retailleau, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche.

A cette occasion, j’ai interrogé la ministre, au nom des députés du groupe Renaissance, sur la rentrée universitaire.

Retrouvez mon intervention en vidéo:

Conseil d’arrondissement du mardi 15 mars 2022 – Intervention sur le vœu sur l’impact de la ligne de Tramway T9 pour les habitants du 6e arrondissement

Monsieur le Maire du 6ème arrondissement, mes chers collègues, 

Vous nous proposez d’adopter ce soir un vœu sur l’impact de la ligne de tramway T9 pour les habitants du 6e.

Cette ligne doit relier La Soie à Charpennes, en passant par le centre-ville de Vaulx-en-Velin et le campus de la Doua. 

Comme vous le rappelez, au lancement de la concertation, rien ne laissait présager que cette ligne ait un quelconque impact sur le 6e arrondissement.

C’est donc après la clôture de la concertation préalable, au mois de janvier, que les habitants du quartier Bellecombe ont appris que le terminus de cette nouvelle ligne ne serait pas la station Charpennes existante mais une nouvelle station, située dans notre arrondissement, rue Bellecombe. 

Encore une fois, on constate un véritable problème dans la méthodologie de la concertation. Encore une fois, on constate un réel écart entre les grands discours sur la démocratie inclusive, l’association des habitants et les faits. 

Ce nouveau terminus aura pourtant des impacts importants et négatifs pour le quartier et ses habitants. Il implique une fermeture d’une partie de la rue Bellecombe à la circulation automobile. La cohabitation d’une station de tramway et de la piste cyclable, pourtant très empruntée pose également question.

Je soutiens pleinement la réalisation de cette ligne de tramway, attendue de longue date par les Vaudais. Je soutiens également le principe d’une correspondance avec les lignes A et B du métro à Charpennes. Néanmoins la solution d’un terminus déporté sur la rue Bellecombe n’est pas satisfaisante et des alternatives doivent être étudiées, y compris un terminus à Part-Dieu. En effet, l’argument selon laquelle la ligne serait trop longue ne tient pas : la nouvelle ligne avec un terminus Part-Dieu resterait plus courte que les actuels T2, T3 et T4. 

Pour l’ensemble de ces raisons, je voterai ce vœu. 

Je vous remercie. 

Conseil d’arrondissement du mardi 15 mars 2022 – Intervention sur le rapport développement durable de la Ville de Lyon

Monsieur le Maire du 6ème arrondissement, mes chers collègues, 

La présentation d’un rapport sur le développement durable est une obligation légale pour les collectivités de plus de 50 000 habitants depuis maintenant une dizaine d’année. 

Cet exercice obligé revêt néanmoins un caractère tout particulier, lorsque l’exécutif qui le présente se revendique écologiste et prétend faire de son mandat le dernier pour le climat.

Il serait fastidieux de commenter chaque mesure de ce document, qui ressemble à un catalogue, plutôt agréable à lire d’ailleurs, des politiques menées par la Ville de Lyon, au prisme des 17 objectifs de développement durable définis par l’ONU.

Je souhaitais néanmoins apporter quelques remarques sur ce rapport. 

Tout d’abord, à lire l’éditorial du Maire de Lyon, on a l’impression que la transition écologique commence avec les élections de 2020 et l’arrivée du nouvel exécutif et qu’une véritable révolution serait en cours. Son adjoint à la Transition écologique est moins catégorique et va jusqu’à « rendre hommage » aux équipes et exécutifs précédents ! Nous n’en demandons pas tant, mais je le remercie d’avoir l’honnêteté de rappeler que la majorité précédente avait déjà à cœur la transition écologique !

Ensuite, le parti pris de ce rapport semble être de nous démontrer la formidable accélération des politiques de développement durable, à tel point qu’il a été rebaptisé « Lyon en transitions ».

A lire le rapport dans le détail, certains « chiffres-clés » mis en exergue permettent de relativiser le constat. 

« 2000 m2 de sols désartificialisés » pour illustrer votre action en matière d’urbanisme et de logement. Si nous partageons la volonté de débitumer notre ville et de diminuer l’imperméabilisation des sols, il semble qu’à l’échelle de la Ville de Lyon ces 2000 m2 soient bien dérisoires.

« 156 enfants associés à l’opération Demos » pour illustrer votre action en matière culturelle. Outre le fait que ce dispositif a été initié à Lyon en 2017, et que je suis très heureuse qu’un tel dispositif qui permet à des enfants issus de quartier politique de la ville d’avoir accès à l’éducation musicale ait vu le jour ici, ce dispositif reste marginal, d’autant qu’il se situe à l’échelle métropolitaine. Il est loin de pouvoir suffire à l’enjeu social des ODD.

Enfin, quelques mots sur le volet démocratie locale. Nous en avons déjà parlé, et nous y reviendrons plusieurs fois ce soir, hélas, mais il y a sur ce point un véritable problème. La majorité affiche comme objectif de cultiver la transparence et de développer un écosystème démocratique. Très bien. Mais concrètement, nous constatons un défaut d’information permanent des oppositions, un refus de nous écouter. Pire, des acteurs associatifs locaux se plaignent d’être ignorés par les élus. Des élus que l’on voit rarement sur le terrain. Des projets se retrouvent bâclés voire abandonnés parce qu’ils n’ont pas été concertés avec les habitants ou les usagers, premiers concernés. Or ce volet est primordial dans les ODD.

Pour conclure sur ce rapport, il n’y a pas de grand soir de la transition écologique. De nombreuses actions citées se situent dans la continuité des politiques précédentes. Actions qui ont été poursuivies, voire amplifiées pour certaines. C’est une bonne chose car nombre d’entre elles vont dans le bon sens. 

Néanmoins plus de modestie et plus de concret serait souhaitable. Moins de mots, plus d’actions.

Et mon groupe, Progressistes et Républicains, souhaite qu’au-delà des mots, la méthode soit plus démocratique, plus ouverte et plus inclusive. 

Le Maire de Lyon a raison de dire que les transitions ne se feront pas « sans les citoyens, sans les acteurs associatifs, sans le monde économique ». Pourquoi le fait-il alors ?

Désormais il est plus que temps de passer des paroles aux actes et de rompre avec la méthode employée jusqu’à maintenant.

Je vous remercie. 

Rapport d’information sur l’application de la loi pour la conservation et la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris

Mercredi 16 février avait lieu la présentation, en commission des Affaires culturelles et de l’éducation, du rapport d’information sur l’application de la loi pour la conservation et la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris, loi dont je suis rapporteure.

Je vous invite à retrouver mon intervention à l’occasion de cette présentation :  

Conseil du 6e arrondissement du 8 février 2022 – Intervention sur la Zone à faibles émissions

Monsieur le Maire du 6ème arrondissement, mes chers collègues, 

Cette intervention, que je fais au nom du groupe Progressistes & Républicains auquel j’appartiens, s’adressera, vous m’excuserez M. Blache, en grande partie au Maire de Lyon qui nous a convoqués en urgence pour donner un avis sur la future Zone à Faibles Émissions dans notre ville. 

Je sais qu’en tant que Maire d’arrondissement, vous n’avez que très peu de prises sur ce type de décisions, comme sur tant d’autres. On le sait, après de grandes déclarations sur l’autonomie des mairies d’arrondissement, le maire de Lyon a très vite réduit ses ambitions en la matière pour revenir à la stricte application de la loi PLM et à une gouvernance extrêmement verticale, si ce n’est excluante des arrondissements.

L’augmentation des budgets et des compétences d’arrondissement, ce ne sera pas pour ce soit-disant « dernier mandat pour le climat ». Pour cela, il faudra attendre. 

D’ailleurs, je relève que, dans le cadre de la consultation en cours sur la ZFE, comme cela est mentionné dans la délibération qui nous occupe, les mairies d’arrondissement devraient être parties prenantes de cette organisation. Aussi je m’interroge. Qu’en est-il ? Quels moyens avez-vous obtenus pour faire vivre cette concertation dans votre arrondissement ? Quelles sont les initiatives prises localement ?

* * * * *

Nous voilà donc aujourd’hui réunis en urgence pour débattre de la « Première étape d’amplification de la zone à faibles émissions sur le territoire de la Métropole de Lyon. »

Pourquoi en urgence ? Seul le Maire de Lyon pourrait nous l’expliquer.

Légèreté ? Oubli ? Volonté, stratégie politiques ? Vacances ???? Nous ne le saurons.

Toujours est-il que ce nouvel épisode municipal est malheureusement très symptomatique de la méthode qui est celle de monsieur Doucet sur la gestion de ce dossier pourtant particulièrement sensible. Après les atermoiements de calendrier, l’oubli des règles essentielles du débat public, cela fait beaucoup pour un dossier qui devrait pourtant être suivi de près par une mairie qui se réclame de l’écologie. 

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Voilà pour la forme, sur le fond, 3 points.

1/ Je n’insisterai pas sur la nécessité de poursuivre ce travail que nous avons engagé lors de la précédente mandature, depuis plus de 6 ans maintenant. C’est effectivement un travail de longue haleine que nous avons mené car nous sommes favorables au principe même d’une ZFE. 

2/ Cependant, nous restons, en ce qui nous concerne, et contrairement à la majorité actuelle, particulièrement attentifs à son acceptation par nos concitoyens, condition selon nous essentielle à sa réussite. Cette acceptation passe par un travail préparatoire sérieux et par celui d’accompagnement de sa mise en œuvre. Une question donc de méthode, d’écoute et d’adaptation. 3 qualités qui nous semblent inconnues de l’équipe de M. Doucet.

3/ Nous avons le souci de concilier transition écologique et justice sociale, de prendre en compte les plus précaires et les plus modestes, ainsi que les classes moyennes. Ce point doit être au centre de nos travaux si nous ne voulons pas transformer cette Zone à Faibles Émissions en Zone à Forte Exclusion. 

Récemment, dans un mensuel local, en réponse à des interrogations légitimes, le Maire de Lyon nous explique que son ambition est d’être « le maire des piétons ». Il nous annonce « l’évaporation des véhicules » et prédit que « les gens vont aussi changer de mode de vie et de logements en se rapprochant du centre-ville. » 

Et ceci dans une grande décontraction tellement éloignée des soucis quotidiens de nos concitoyens. On pourrait en rire si ces décisions n’impactaient pas des milliers de Lyonnaises et de Lyonnais. 

Car concrètement, alors que d’ici quelques mois, ce sont plus de 30 000 véhicules qui vont donc devoir s’évaporer, comme dit le maire de Lyon, dans notre Métropole et tout particulièrement dans notre ville, quelles sont les réponses concrètes immédiates apportées à leurs propriétaires ? 

A tous ces Lyonnais et Lyonnaises qui demain devront se séparer de leur véhicule, que dites-vous M. Doucet ? Achetez une voiture électrique ? Roulez à vélo ? Préférez la marche à pied ? Car en ce qui concerne le métro et les transports en commun, on verra plus tard ! 

Bien sûr il est aujourd’hui essentiel de questionner la place de la voiture en ville, mais nous devons le faire en intégrant pleinement les contraintes économiques de leurs habitants et la capacité de la collectivité à fournir des alternatives efficaces et adaptées.

Nous ne pouvons pas nous satisfaire d’une solution qui offre aux plus aisés le confort d’une voiture électrique et qui laisse les plus modestes et les classes moyennes sur le bord de la route, dans l’attente de solutions alternatives réelles. Nous ne pouvons pas exiger des Lyonnais la même adaptation à la transition écologique, quelques soient leurs revenus. 

Aujourd’hui tout le monde n’a pas les moyens de remplir son frigo d’une alimentation 100% bio, de se vêtir en coton durable et d’acheter un véhicule électrique.

C’est pourquoi nous défendons une écologie sociale avec une responsabilité commune mais différenciée et nous refusons cette écologie autoritaire que vous prônez et qui impose à chaque individu, même le plus fragile, d’endosser une responsabilité qu’il n’a pas les moyens de porter. 

Comme d’autres élus, de droite comme de gauche, nous nous inquiétons de voir une partie de la population exclue par cette mise en œuvre de la ZFE à Lyon. Les vœux pieux formulés en conclusion à la fin de cette délibération ne nous rassurent malheureusement pas. Ce que nous voulons, ce sont des assurances sur les mesures qui accompagneront cette ZFE. Des mesures qui pourraient apporter des garanties aux plus modestes, aux classes moyennes, aux travailleurs.

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Monsieur le Maire du 6ème arrondissement, en ce qui me concerne, je voterai contre cette délibération. Je voterai contre la forme et la méthode, contre l’absence d’accompagnement prévu, même si je suis clairement pour la mise en œuvre de ZFE en zones urbaines et pour une action résolue afin d’améliorer la qualité de l’air de notre ville et métropole. 

D’ailleurs nous en reparlerons peut-être à l’occasion d’un futur conseil d’arrondissement, convoqué lui-aussi en urgence, pour débattre du Plan de Protection de l’Atmosphère élaboré par les services de l’État, et qui a aussi semble-t-il eu le malheur d’être notifié en pleines vacances. Peut-être faudrait-il rappeler au nouvel exécutif lyonnais qu’un mandat d’élu ne s’exerce pas que les jours ouvrés et aux heures de bureau.

Chers collègues je vous encourage à voter contre cette délibération en demandant que soient explicitées, avant toute mise en œuvre, les mesures d’accompagnement précises et chiffrées. En espérant que la réponse ne sera pas, « nous attendons de voir ce que va faire l’État ». Parce qu’être un « responsable » politique, cela implique d’agir par tous les moyens et avec toutes ses compétences et de ne pas toujours demander aux autres de faire le travail pour lequel on a été élu. 

Je vous remercie. 

Conseil du 6e arrondissement du 18 janvier 2022 – Intervention sur la modification n°3 du Plan local d’urbanisme et de l’Habitat (PLU-H)

Monsieur le Maire du 6ème arrondissement, Mes chers collègues,

Cette délibération porte sur l’avis de la Ville de Lyon sur la modification N°3 du Plan local de l’Urbanisme et de l’Habitat de la Métropole de Lyon. C’est l’occasion de dire quelques mots sur cette modification.

Je souhaite tout d’abord rappeler que le PLU-H est un document de planification urbaine qui donne un cadre à nos grandes orientations en matière de développement à l’échelle de notre arrondissement, de notre ville, de notre métropole. Il s’inscrit dans une histoire longue et partagée de nos enjeux d’urbanisme à l’échelle intercommunale. Il faut le souligner, car cette capacité à faire ensemble est connue comme la force de la Métropole de Lyon. Elle a souvent été mise en avant à l’échelle nationale. Or c’est ce faire ensemble, ce fameux modèle lyonnais, qui est aujourd’hui abimé par un exécutif écologiste vertical et qui refuse le dialogue, au point d’élire un Conseil d’administration du Sytral sans opposition.

Le PLU-H est un document qui nous engage sur une période longue, bien au-delà de la durée de nos mandats et pour cela aussi il doit être le reflet d’une vision partagée et collective.

Or, depuis l’élection de ces exécutifs, nous n’arrivons pas à percevoir leur vision du territoire et ni comment ils comptent nous y associer. Leur vision, nous ne la découvrons que par bribes et il est difficile d’en tirer une ligne claire. Cette absence de visibilité inquiète les élus comme les habitants.

Alors que nous apprend cette modification du PLU-H ? Trois choses principalement, dont des injonctions paradoxales et des intentions risquées.

Premièrement, on semble y lire la volonté de certains élus de la majorité d’une politique de développement de l’offre de logement social très volontariste. Le risque est celui d’exigences tellement importantes qu’elles rendraient l’équilibre financier des opérations inatteignable. Augmenter la part de logements sociaux dans les programmes neufs jusqu’à 50% aura deux conséquences : soit empêcher d’atteindre l’équilibre des opérations, soit rendre la compensation financière portée par les accédants à la propriété tellement forte que les prix des logements ne seront accessibles qu’aux plus aisés. Cela contribuera à exclure de notre ville une classe moyenne qui n’aura plus les moyens de se loger dans le parc privé et n’aura pas accès au logement social.

Notre exécutif métropolitain précédent soutenait une production de logements forte avec une grande diversité de logements afin de répondre au plus grand nombre. Je doute que nous puissions atteindre les 6000 logements sociaux promis en année pleine, les réaliser sera très complexe. Ne vaut-il pas mieux construire 30 pour cent que promettre 50 pour cent ?

Deuxièmement, il semblerait que d’autres élus soutiennent une voie différente, une voie plutôt décroissante, ce qui semble contradictoire. Un chiffre montre bien cela. On lit ainsi dans cette modification n°3 que 643 ha perdront leur vocation constructible tant pour les zones urbaines qu’économiques. Cela peut sembler peu à l’échelle de la métropole mais cela représente quasiment la surface du 3ème arrondissement ou encore 1,7 fois la surface de notre arrondissement. Une Métropole sans capacité de développement, c’est une Métropole à l’arrêt, voire sur le déclin !

3ème inquiétude : l’ampleur de cette modification du PLUH. Elle ressemble de fait à une révision générale déguisée puisqu’elle comporte plus de 1000 points revus dont 60 points du règlement. Pourquoi dès lors ne pas avoir assumé une vraie révision du document ? Pourquoi ne pas avoir eu le courage d’un véritable débat sur les orientations du projet d’aménagement et de développement durable ? Cela aurait été pour l’exécutif métropolitain l’occasion de développer et d’illustrer sa vision de la Métropole à long terme et pour les oppositions de discuter ce projet.

Ainsi donc, à la lecture de ce document, je conclus que la majorité écologique va à l’encontre de toutes ses promesses :
– Vouloir plus de logements sociaux tout en diminuant les capacités de construction de logements, c’est mettre en péril la construction de logements abordables.

– moins de construction de logements, c’est créer de la rareté et donc renchérir les prix alors qu’elle dit publiquement vouloir limiter les loyers ; – moins de construction de logements, c’est freiner la jeunesse dans son émancipation car c’est elle qui a le plus besoin de décohabiter, et je ne parle pas des logements étudiants qui ne semblent pas non plus être une priorité ;

– moins de construction de logements abordables en métropole, c’est rejeter des foyers dans le périurbain et la ruralité et donc augmenter

l’artificialisation des sols dans les espaces périphériques, certes lointains, mais l’écologie est un enjeu global ;
– moins de constructions vouées à l’économie, c’est aller à l’encontre du besoin de centralité pour limiter les déplacements et donc générer de nouveaux déplacements.

Bref ce PLU-H va à l’encontre des enjeux écologiques globaux de limitation des déplacements et de non-artificialisation des sols que prétend poursuivre l’exécutif métropolitain.

Aussi, pour toutes ces raisons, j’aurais pu voter contre ce PLU-H, mais ne souhaitant pas rajouter des difficultés alors que la situation de la construction est déjà bien bloquée, je m’abstiendrai sur cette délibération.

Je vous remercie.

Conseil du 6e arrondissement du 18 janvier 2022 – Intervention sur la nouvelle Stratégie Territoriale de Sécurité et de prévention de la délinquance

Monsieur le Maire du 6ème arrondissement, mes chers collègues,

Cette délibération a pour objet d’autoriser le Maire de Lyon à signer la nouvelle stratégie territoriale de sécurité et de prévention de la délinquance pour la période 2022/2026.

La signature de cette convention, qui lie la Ville, l’État et la Métropole, mais également le Procureur de la République, le Tribunal de Grande instance et le DASEN, nous rappelle que la sécurité est à la fois une coproduction et une chaîne qui va des politiques de prévention à la réponse pénale en passant par les actions de police.

Sans une coordination de l’action de tous, sans moyens sur l’ensemble de la chaîne, il n’y a pas de politique de sécurité possible.

La sécurité est un sujet de préoccupation croissant dans notre Ville, qui connait de ce point de vue une dégradation depuis quelques années. Au- delà de la question de la Guillotière, qui est devenu un sujet tristement célèbre, les situations de tension se multiplient. De plus en plus de quartiers voient se constituer des collectifs de riverains excédés.

C’est le cas du collectif Charpennes en colère, à cheval sur notre arrondissement et Villeurbanne. C’est aussi le sujet de la multiplication des points de deal, ou des rodéos qui concernent à des degrés divers tous les quartiers lyonnais, des tirs de mortiers, des cambriolages et vols à la tire.

Cette situation nous est rapportée par un nombre croissant de nos concitoyens, qui nous font part de leur inquiétude, parfois même de leur peur. Notre devoir d’élus c’est de les écouter, plutôt que d’essayer de leur expliquer, comme on l’entend parfois, que leur ressenti ne serait pas le bon. Notre devoir c’est également d’agir, chacun à notre échelle et dans le cadre de nos compétences pour améliorer la sécurité de nos concitoyens.

La sécurité est aussi affaire de pragmatisme, de constante adaptation des actions et des moyens, bien loin donc de la surenchère, de la « défosse » – c’est pas moi, c’est lui- et du dogmatisme. J’appelle tous les élus à leur responsabilité en la matière.

A ce titre, je me réjouis de la décision du Ministre de l’Intérieur d’augmenter les effectifs de Police sur notre Ville. Je suis également satisfaite d’entendre le Maire de Lyon affirmer qu’il souhaite rendre plus attractive notre Police municipale et j’espère que nous en verrons bientôt les résultats. J’insiste à nouveau sur le besoin de vidéo-protection qui semble rencontrer des obstacles incompréhensibles.

Enfin, la majorité parlementaire à laquelle j’appartiens a également travaillé sur ces sujets, avec notamment la loi Sécurité globale ou la loi Confiance dans l’institution judiciaire. Nous avons conçu et voté une loi sur les rodéos urbains qui commence à porter ses fruits. Quant à moi, afin d’améliorer la prévention de la délinquance, j’ai déposé une proposition de loi sur la reconnaissance du métier de médiateur social, primordial pour la tranquillité de nos quartiers.

Je voterai cette délibération. Je vous remercie.

Conseil d’arrondissement du 18 janvier 2022 – Intervention sur le budget participatif

Monsieur le Maire du 6ème arrondissement, mes chers collègues,

Cette délibération porte sur l’adoption du règlement du budget participatif Lyonnais.

Le budget participatif lyonnais, instauré en mars dernier est doté de 50 millions d’euros sur la durée du mandat.

Ce règlement soulève cependant un certain nombre de questions.

La première est la place des arrondissements. En effet, le budget participatif représente une capacité d’investissement bien supérieure à celle des conseils d’arrondissement. Pourtant les conseils d’arrondissement, organe de démocratie de proximité, ont la légitimité démocratique que leur donne l’élection. Le programme de la majorité prévoyait explicitement de donner davantage de pouvoir à ces arrondissements, mais pour l’instant nous attendons toujours la concrétisation de cette promesse.

La seconde est la place des conseils de quartier. Ces conseils ont un historique sur la démocratie participative et sont structurés. On aurait pu imaginer leur donner un rôle dans ce budget participatif, renforcer leurs moyens pour leur redonner un gain d’attractivité. Ce n’est pas le choix

qui a été fait. Dès lors, quelle place ces conseils auront-ils à l’avenir ? Est- ce que la majorité municipale envisage un renforcement de ces conseils, ou au contraire se désintéresse-t-elle de ces instances ?

Enfin la dernière question est celle des moyens pour inclure réellement le maximum de Lyonnais dans le dispositif. La démocratie participative est bien souvent citée comme une façon de répondre à la crise de la démocratie représentative, crise dont l’un des symptômes est la faible participation aux élections qui nous alerte tous. Mais la démocratie participative est-elle réellement plus mobilisatrice ? Quand on voit le faible nombre de participants aux conseils de quartiers, ou encore la faible mobilisation lors des opérations de concertation, on voit qu’il existe un risque que ce budget participatif soit préempté par une minorité, déjà très investie dans la vie de la Cité. L’accompagnement prévu est-il suffisant pour donner un véritable élan démocratique à ce budget participatif, afin que son accès ne soit pas restreint à quelques happy few ?

En conclusion est-ce que ce budget participatif de 50 millions d’euros est un simple effet d’annonce, un gadget ou sera-t-il réellement un outil pour inclure tous les citoyens dans la vie de la cité, avec la nécessaire attention à la bonne gestion de l’argent public que nous devons tous, élus comme citoyens engagés, aux Lyonnais contributeurs ?

Force est de constater que l’on trouve peu de réponse à ces questions dans la délibération fournie. Aussi je m’abstiendrai sur ce dossier.

Je vous remercie.