La coéducation, enjeu majeur de notre projet éducatif, a deux préalables : la confiance et l’humilité.

Ce matin, j’ai eu le plaisir d’ouvrir une journée de travail sur la coéducation à l’Hôtel de Ville de Lyon.

Voici quelques extraits de mon discours d’accueil.

journée de travail sur la coéducation à l’Hôtel de Ville de Lyon

« Je suis très heureuse que notre hôtel de ville accueille une journée de travail sur le sujet si important pour nos enfants et pour notre avenir commun qu’est la coéducation.

Je sais que chacun, dans nos rôles, dans nos missions, nous partageons tous le même objectif : le bien-être de tous les enfants, le bien-être pour garantir leur bien-grandir, leur bien-réussir et ainsi leur donner toutes les chances pour la construction de leur avenir. Notre objectif est la réussite scolaire et éducative de tous les enfants…

La coéducation est un sujet que nous travaillons tous depuis longtemps… Mais avec la mise en œuvre de la réforme des rythmes scolaires, nous avons vécu une accélération unique dans ce travail sur la coéducation.

Pour moi la coéducation a deux préalables indispensables : la confiance et l’humilité…

Ma conviction, depuis mon élection, en avril 2014, forgée dans l’épreuve de ces deux dernières années, est que la question clé au sujet de la coéducation est celle de la confiance.

Confiance entre les professionnels qui, chaque jour, dans nos écoles, prennent soin des enfants. Professionnels de l’Education Nationale, professionnels des municipalités, professionnels des associations.

Confiance entre les parents et les professionnels.

Confiance entre les enfants et les adultes.

Oui il faut de la confiance pour que les parents confient leur enfant en toute sérénité, de la confiance pour que les professionnels se les confient en toute responsabilité.

Cette confiance, si précieuse, nécessite du temps. Notre action doit s’inscrire donc dans la durée. Sur ce sujet plus que sur d’autres il faut faire œuvre de constance, de patience et de persévérance.

Cette patience est celle des coopérants et bâtisseurs. Car la construction de la confiance est un travail de fourmi, petit pas par petit pas, un travail qui aurait besoin de résultats visibles, pour nous motiver -mais cela est bien difficile dans l’éducation des enfants- et un travail qui malheureusement régresse au moindre incident ou crise interpersonnelle.

Et cette coopération nécessite, elle aussi, du temps. Du temps pour s’écouter, se comprendre et se connaître. Se dire ce qui étonne, se dire ce qui choque. Partager les difficultés et échanger les réussites.

La confiance pour se bâtir dans la durée a besoin de respect et de bienveillance mutuelle, deux qualités hélas mises à mal dans notre société, où seule la méfiance semble de mise. Oui nous travaillons à contre-courant. Et nous devons trouver pour cela les moyens adéquats. Groupes de parole, formations communes, projets partagés… Personnellement je suis convaincue que c’est en avançant, en progressant ensemble qu’on établit des relations privilégiées et que la confiance s’installe, que la méfiance naturelle cède du terrain.

La confiance donc, mais l’humilité aussi. Nous, responsables politiques et techniques, devons pour parvenir à coopérer, à coéduquer, renouer avec le doute et avec l’humilité.

Nous le savons tous, le débat sur cette réforme a été vif. Il a parfois muté en polémique. Les convictions devenues certitudes ont fragilisé la concorde nécessaire à notre objectif commun. Dans un sujet aussi crucial que celui d’accompagner les enfants quand ils grandissent, personne n’a la vérité absolue mais chacun peut agir

Et chaque institution aussi doit accepter le chemin de l’humilité. Car seul ni l’Etat, ni les Villes, ni la Caf, ni aucun mouvement d’éducation populaire ne peut quoi que ce soit. Chacune de nos institutions possède une des clefs de la réussite des enfants : des prérogatives, des compétences, des savoir-faire, des légitimités, des ressources, des volontés.

Mais tous nous avons tous vu nos certitudes vaciller face à l’ampleur de la tâche. La mise en œuvre concrète et pratique nous a amené à l’humilité, nous devons la conserver.

Et si ce fut difficile, cette réforme a aussi été et continue d’être un objet d’heureuses surprises, d’opportunités à saisir et de progrès à construire. Des projets s’inventent et se construisent.

Les plus admirables sont bien souvent faits de bouts de ficelles et de bonne volonté. Et cela ne me surprend pas. Car c’est de cela qu’est fait le tissu social le plus résiliant : d’un quotidien de choses simples, d’astuces, de camaraderies…

Les expériences particulières sont nombreuses, c’est à nous que revient la mission d’en tirer des enseignements pour tous. Aussi je vous souhaite à toutes et à tous des débats riches et des travaux  fructueux.

Je vous remercie pour votre écoute. »

 

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