Ma contribution à la consultation sur l’avenir du métro lyonnais

Du 21 septembre au 15 décembre 2021 le SYTRAL organisait une consultation sur l’avenir du métro lyonnais. Retrouvez ci-dessous ma contribution à ce débat:

Monsieur le Président,

J’ai l’honneur de porter à votre connaissance ma contribution, en tant que députée du Rhône, à la consultation lancée par le Sytral sur l’avenir du métro lyonnais.

Comme vous le savez, j’ai fait partie au mois d’avril dernier des 12 parlementaires du Rhône qui ont saisi la Commission nationale du débat publique (CNDP) pour demander l’organisation d’un débat sur le développement du réseau de transport en commun lyonnais.  La CNDP n’a pas donné suite à cette saisine, ce que je regrette. Elle aurait permis de débattre, sous le contrôle d’une autorité indépendante, de l’ensemble des projets inscrits au plan de mandat du Sytral. Si elle ne remplace pas le débat que nous aurions souhaité, la consultation que vous avez lancée présente le double-avantage de poser les enjeux du développement du réseau de métro lyonnais et de donner la parole à l’ensemble des grand-lyonnais sur différents projets.

En tant qu’élue lyonnaise, je m’intéresse évidemment à l’avenir de mon territoire et j’ai donc souhaité participer à cette consultation.

En tout premier lieu je me réjouis que l’idée de relancer un plan ambitieux de développement du métro lyonnais refasse surface. 

Ouvert au trafic voyageur en 1978, le métro lyonnais a connu un développement assez soutenu pendant la 1ère vingtaine d’année de son existence. Ce développement a été interrompu en raison des difficultés financières rencontrées par le SYTRAL à la fin des années 1990. Le Plan de déplacement urbain adopté en 1997, sous l’égide du président du Sytral Christian Philip, avait pour ambition de redonner des marges de manœuvre financières au syndicat tout en accroissant l’offre. Il a ainsi été fait le choix de rénover et développer en priorité le réseau de surface. 

Ces choix politiques, poursuivis et amplifiés par la majorité à laquelle j’ai appartenu, ont produit leurs effets. Adossés à une politique tarifaire rigoureuse, ils ont permis de redresser les comptes du Sytral et de réduire fortement sa dette. Cela donne aujourd’hui au Sytral une capacité d’investissement forte, certes affectée par la crise, mais dans des proportions limitées. 

Le réseau de transport en commun lyonnais connaît une croissance continue extrêmement forte. Nous ne pouvons que nous réjouir de cet état de fait. Mais il implique de penser à des investissements forts pour l’avenir. Par ailleurs, votre majorité fait le choix assumé de limiter le recours à la voiture individuelle au sein de notre Métropole, ce qui implique de proposer une offre alternative pour ne pas entraver la capacité de déplacement de nos concitoyens. Cela doit se traduire par le développement des infrastructures cyclable, la sécurisation des déplacements piétons, mais aussi pour les plus longues distances ou les personnes à mobilité réduite par le renforcement des transports publics. 

Il faut bien évidemment poursuivre le développement une offre complémentaire à court et moyen terme, comme le prévoit votre plan de mandat avec des projets de tramway et de BHNS. Mais il convient également de penser à des projets structurants à long terme, parce que notre Métropole va continuer de croître et que la demande de mobilité également. Nous avons les moyens de le faire. C’est la raison pour laquelle la relance d’un plan métro paraît aujourd’hui pleinement opportune. 

La consultation lancée par le Sytral porte sur 4 scenarii de développement :

  • La création d’une ligne E entre Tassin et Bellecour ou Part-Dieu
  • Le prolongement de la ligne A entre Vaulx-La Soie et Meyzieu
  • Le prolongement de la ligne B entre Charpennes et Rillieux-la-Pape
  • Le prolongement de la ligne D entre Gare de Vaise et La Duchère

Je m’étonne de l’absence de scenario proposant le prolongement du métro A au-delà de Perrache. Je n’ignore bien sûr pas les difficultés techniques, et les surcoûts qu’ils engendreraient, pour réaliser ce prolongement. L’actuelle station Perrache, dans le centre d’échange, est en effet située au niveau du sol et il faudrait reprendre le tronçon bien en amont pour passer sous l’autoroute et sous la gare de Perrache. Cependant, nous savons que nombre de nos concitoyens ne comprennent pas cette absence de desserte métro du quartier, et mettre un scenario au débat ne signifie pas qu’on le valide ou qu’on l’encourage. Il permet de fournir des éléments et d’éclairer les citoyens. 

Les critères utilisés pour départager ces projets doivent à mon sens être l’utilisation efficiente des deniers publics et la logique de réseau. Concernant l’utilisation des deniers publics, les ressources financières mobilisées par les projets de métro sont importantes. Malgré la bonne santé financière du Sytral, il convient évidemment de ne pas gaspiller l’argent public. Nous devons donc nous interroger pour chaque projet sur l’efficacité de l’investissement, notamment au regard de l’objectif de report modal et donc de baisse des émissions de gaz à effet de serre et de la pollution. Concernant la logique de réseau, il convient d’une part de cibler en priorité les secteurs peu ou mal desservis et d’autre part d’évaluer les conséquences, positives comme négatives, de chaque prolongement sur l’ensemble du réseau.

A l’aune de ces critères, le projet prioritaire me semble être la réalisation du métro E, dans sa variante prolongée à la Part-Dieu. 

Concernant le prolongement du métro A, l’investissement important ne semble pas se justifier par rapport au gain attendu de voyageur. De plus, les territoires concernés sont d’ores et déjà desservis par un transport en commun en site propre performant, le T3. Un renforcement de cette ligne existante, par la suppression de passages à niveau et la création d’évitements supplémentaires pour Rhônexpress, améliorerait la desserte des communes concernées pour un coût moindre.

Le prolongement du métro D présenterait quant à lui l’avantage de desservir un quartier politique de la ville, La Duchère, et d’améliorer la desserte du nord-ouest de notre agglomération. Cependant, il n’aurait qu’un effet limité sur le rabattement et ne semble pas justifier son coût. 

Le prolongement du métro B est enfin un projet intéressant à de nombreux égards. Il améliorerait la desserte de Caluire et Rillieux, aujourd’hui peu satisfaisante. Il offrirait également des possibilités de rabattement efficaces pour les pendulaires en provenance du nord de l’agglomération. C’est néanmoins un projet au coût très élevé.

De son côté, la création d’une ligne de métro E serait le scenario le plus efficient. Il est en effet, sur la base des chiffres communiqués, susceptible d’attirer le plus de voyageurs (+102 000 dans la variante de prolongement), de générer le plus fort report modal, pour un coût dans la moyenne des projets proposés. C’est en tout cas le projet dont le ratio bénéfice/coût est le meilleur. Il est également le plus avancé puisque des études complémentaires ont été menées. 

Il permettrait de desservir efficacement un secteur actuellement enclavé, dans lequel il est difficilement envisageable de mettre en place d’autres types de transports en site propre, comme l’a montré l’étude préliminaire menée par le Sytral sous le mandat précédent. Il ne serait pas contradictoire avec votre projet de funiculaire, projet sur lequel j’émets un certain nombre de réserves, mais ce n’est pas l’objet du présent courrier. 

J’insiste néanmoins sur la nécessité qu’il y a à retenir la variante prolongée à la Part-Dieu. En effet, une ligne limitée à Bellecour serait beaucoup moins attractive, notamment pour le rabattement depuis l’ouest de l’agglomération. Ce prolongement à la Part-Dieu permettrait ainsi quasiment de doubler le report modal et donnerait à cette ligne toute sa raison d’être. Par ailleurs, le tronçon Bellecour-Part-Dieu aurait un effet structurant sur l’ensemble du réseau. Ce serait la réparation d’une erreur historique de conception de notre métro : l’absence de liaison directe entre la Presqu’île, cœur traditionnel de la ville, et la Part-Dieu, centre économique de l’agglomération. Cela permettra également de soulager l’affluence sur les tronçons les plus chargés des lignes D et B.

Pour l’ensemble de ces raisons, Monsieur le Président, je soutiens la relance du métro dans notre agglomération et la réalisation d’une ligne de métro nouvelle entre Alaï ou Tassin et Part-Dieu comme projet prioritaire. La réalisation de ce projet renforcera notre réseau de transport en commun et participera de la structuration à long terme de notre territoire métropolitain. 

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes salutations distinguées.

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