Conseil du 6e arrondissement du 9 novembre 2020 – Intervention reconversion du musée Guimet

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Monsieur le Maire, Mes chers collègues,

Je me réjouis de cette délibération au bénéfice des acteurs culturels, j’en remercie la ville de Lyon et également les services qui ont fait un gros travail d’instruction des demandes.

Je souhaitais profiter de cette délibération pour aborder un sujet important pour notre arrondissement, dont nous n’avons pas débattu, à savoir la réhabilitation du musée Guimet.

Comme vous le savez, un projet a été lancé sous le mandat précédent, projet qui prévoyait une réhabilitation du bâtiment historique et l’accueil de deux institutions, le service archéologique de la Ville de Lyon et des ateliers de la maison de la danse. Nous avons appris il y a peu, par la presse, que le nouvel exécutif a décidé l’arrêt de ce projet.

Cette décision a été prise de façon brutale et sans concertation avec la Maison de la Danse. C’est une méthode dont nous commençons à avoir l’habitude. Cela montre à quel point le Maire fait peu de cas des acteurs de la ville et sa notion de la concertation semble à géométrie variable.

Les ateliers de la Danse verront semble-t-il le jour (c’est ce que nous avons appris dans la presse) dans le 8e arrondissement, sur le tènement du groupe scolaire Kennedy. Mais à quelle échéance ? Et le projet sera-t-il aussi ambitieux que le précédent ? Il est permis d’en douter. Avec quel budget se fera-t-il ? Car ce projet comptait plusieurs financeurs dont on ne sait pas s’ils seront favorables au nouveau projet. Cette décision d’arrêt, c’est 5 ans de travail perdu… Un véritable renoncement, une perte d’ambition et pour la culture et pour notre Ville où la danse occupe une place si particulière.

Se pose également la question du service archéologique, qui fait la fierté de notre Ville, qui continuera donc d’occuper des locaux inadaptés dans l’ancienne école des Beaux-Arts puisqu’aucune autre idée n’a été émise à leur sujet.

Mais revenons dans notre arrondissement. Le musée Guimet a fermé ses portes il y a 13 ans. Son état se dégrade. Plus le temps passe, plus le coût d’une réhabilitation, toutes choses égales par ailleurs, augmente. On nous dit qu’on arrête ce projet pour des raisons financières. Mais est-ce bien là la véritable raison ? Il est permis d’en douter car si l’on met bout-à-bout le projet d’ateliers de la Danse dans le 8e, la nécessaire relocalisation du service archéologique et une rénovation du musée encore retardée, donc plus onéreuse, est-on vraiment sûr du gain financier ?

Je m’interroge également sur la volonté politique de rénover le musée Guimet. Cet abandon ne signe-t-il pas purement et simplement la fin de l’histoire de ce bâtiment emblématique de Lyon et plus particulièrement du 6ème ?

Le message est hélas clair. L’ambition culturelle et le patrimoine ne sont pas des priorités de cet exécutif, malgré les proclamations médiatiques. Car ce qui compte ce ne sont pas les mots mais les actes. Et pas d’acte plus clair qu’un arrêt de projet.

J’ai lu, Monsieur le Maire du 6ème arrondissement, que vous souteniez cet abandon de projet, qui avait pourtant été discuté avec vous en son temps. Je vous pose donc la question : quel projet alternatif soutenez-vous pour ce lieu emblématique et patrimonial de notre arrondissement ? Quel projet réalisable et adapté au lieu? Quelles garanties pouvez-vous apporter à ceux qui s’inquiètent de voir ce patrimoine continuer à se dégrader, faute de réhabilitation, peut-être de manière irréversible ?

Émile Guimet est un nom lyonnais connu nationalement et même au-delà dans l’histoire muséale. C’est une partie de l’histoire de Lyon, faite d’innovation, d’humanisme, de sciences, que vous abandonnez ainsi en vous associant à ce renoncement. Un renoncement qui me fait craindre un manque d’ambition mais surtout un manque de respect pour notre ville, pour son histoire, pour son patrimoine, pour ceux qui l’ont faite avant nous, si ce n’est un simple manque de connaissance de ce qu’est notre ville et un manque d’humilité de ne pas savoir s’inscrire dans une histoire sans rupture dommageable.

Je vous remercie.

Appel au patriotisme touristique

Tribune publiée dans Le Figaro le 21/04/2020

J’ai co-signé cette tribune pour encourager les Français à effectuer des activités touristiques en France après le confinement.

L’État prendra des mesures pour soutenir le secteur touristique français (hôtellerie, restauration, patrimoine…), mais les touristes étrangers ne pourront pas venir tout de suite. À l’appel des députés Didier Martin et Marguerite Deprez-Audebert, une soixantaine de parlementaires invitent les Français à soutenir le secteur touristique après la levée du confinement.

Pour le tourisme, les jours d’après seront déterminants.Avec l’épidémie du Covid-19, la France vit la crise la plus importante de son histoire depuis 1945. Afin d’éviter la propagation du virus et la dégradation de la situation sanitaire, les Français sont dorénavant confinés chez eux. Avec une perte estimée entre 6 et 8 %, l’activité économique a fortement ralenti et continuera de décroître dans les semaines à venir.

Pour lutter contre cette récession, un plan de relance comprenant notamment des mesures destinées à soutenir l’industrie touristique sera présenté d’ici l’été. Permettre un rebond rapide de ce secteur stratégique représentant 7,2% du PIB et environ 2 millions d’emplois directs et indirects est indispensable.

Depuis près d’un mois et pour un temps encore indéterminé puisqu’ils ne pourront rouvrir le 11 mai, nos cafés, nos restaurants, nos hébergements, nos lieux culturels et patrimoniaux sont fermés. Alors que les vacances de Pâques ont débuté le 4 avril et prendront fin le 4 mai, cette période de congés, sans départ en vacances des Français, est une épreuve considérable à surmonter pour les professionnels du tourisme.

Cette filière ainsi que les services qui y sont rattachés font partie des secteurs les plus fortement impactés.

L’immense majorité des salariés est au chômage partiel, faute de touristes et de consommateurs locaux, alors que les frais de fonctionnement n’ont pas disparu. Les investissements sont gelés ou ne rapportent pas les fruits que l’on espérait quand ils ont déjà été engagés.

Le manque à gagner pour la filière est colossal, en particulier pour l’hôtellerie et la restauration qui ont déjà perdu la totalité du tourisme d’affaires et de la consommation locale. Ce sont au total 40 milliards d’euros qui pourraient manquer si la situation devait durer un trimestre et 400 000 personnes qui sont actuellement sans emploi dans ce secteur phare de l’économie.

Des mesures importantes ont déjà été prises par le gouvernement. Il faut souligner les 552 millions d’euros de prêts garantis par l’État au secteur du tourisme ainsi que les aides octroyées aux professionnels permettant une compensation des baisses de chiffre d’affaires, le report et l’annulation de charges, le recours au chômage partiel.

Mais tout cela ne suffira pas à permettre une reprise de l’économie touristique de notre pays. C’est pourquoi il est nécessaire de penser l’après-confinement afin de garantir la pérennité de la filière.

Les vacances d’été et les suivantes seront à ce titre primordiales pour les professionnels. Seule une fréquentation dense des destinations françaises, y compris des territoires ultramarins, aidera le secteur à se relever. Pour ce faire, on ne peut pas compter sur l’afflux massif de touristes étrangers, eux aussi confrontés à la crise sanitaire dans leur pays.

C’est bien à la consommation et à la solidarité nationales qu’il faut en appeler. Les Français doivent rester en France pour permettre à nos territoires de retrouver un nouvel élan. Alors qu’ils étaient près de 9 millions à partir à l’étranger l’année dernière, nos concitoyens doivent se reporter sur la France, fondée sur ses terroirs, sa gastronomie, sa richesse patrimoniale, son art de vivre, et qui répond aux exigences d’authenticité, d’expérience, de proximité et de respect de l’environnement. L’heure est au tourisme de proximité et au tourisme responsable.

Alors, dès cet été et pour les prochaines vacances, restons solidaires, partons en France !

Signataires: Didier Martin, Député de Côte-d’Or ; Marguerite Deprez-Audebert, Députée du Pas-de-Calais (tous deux sont co-rapporteurs de la mission d’information sur le tourisme de la Commission des Affaires économiques) ; Damien Adam, Député de Seine-Maritime ; Éric Alauzet, Député du Doubs ; Serge Babary, Sénateur d’Indre-et-Loire ; Marie-Noëlle Battistel, Députée de l’Isère ; Xavier Batut, Député de Seine-Maritime ; Grégory Besson-Moreau, Député de l’Aube ; Christophe Blanchet, Député du Calvados ; Pierre-Yves Bournazel, Député de Paris; Pascale Boyer, Députée des Hautes-Alpes ; Vincent Bru, Député des Pyrénées-Atlantiques ; Anne Brugnera, Députée du Rhône ; Danielle Brulebois, Députée du Jura ; Stéphane Buchou, Député de Vendée ; Mireille Clapot, Députée de la Drôme ; Michèle Crouzet, Députée de l’Yonne ; Jean-Pierre Cubertafon, Député de Dordogne ; Yves Daniel, Député de Loire-Atlantique ; Typhanie Degois, Députée de Savoie ; Michel Fanget, Député du Puy-de-Dôme ; Pascale Fontenel-Personne, Députée de la Sarthe ; Joël Giraud, Député des Hautes-Alpes ; Yannick Haury, Député de Loire-Atlantique ; Olivier Henno, Sénateur du Nord ; Antoine Herth, Député du Bas-Rhin ; Stéphanie Kerbarh, Députée de Seine-Maritime ; Danièle Herin, Députée de l’Aude ; Fadila Khattabi, Députée de Côte-d’Or ; Sonia Krimi, Députée de la Manche ; Jean-Luc Lagleize, Député de Haute-Garonne ; Mohamed Laqhila, Député des Bouches-du-Rhône ; Frédérique Lardet, Députée de Haute-Savoie ; Fiona Lazaar, Députée du Val-d’Oise ; Marion Lenne, Députée de Haute-Savoie ; Roland Lescure, Président de la Commission des Affaires économiques, Député des Français établis hors de France ; Richard Lioger, Député de Moselle ; Denis Masseglia, Député de Maine-et-Loire ; Philippe Michel-Kleisbauer, Député du Var ; Jean-Michel Mis, Député de la Loire ; Patricia Miralles, Députée de l’Hérault ; Jean-Pierre Moga, Sénateur de Lot-et-Garonne ; Pierre Morel à L’Huissier, Député de Lozère ; Jimmy Pahun, Député du Morbihan ; Didier Paris, Député de Côte-d’Or ; Maud Petit, Députée du Val-de-Marne ; Jean-Pierre Pont, Député du Pas-de-Calais ; Jean-François Portarrieu, Député de Haute-Garonne ; Éric Poulliat, Député de Gironde ; Rémy Rebeyrotte, Député de Saône-et-Loire ; Mireille Robert, Députée de l’Aude ; Denise Saint-Pé, Sénatrice des Pyrénées-Atlantiques ; Jean-Bernard Sempastous, Député des Hautes-Pyrénées ; Éric Straumann, Député du Haut-Rhin ; Liliana Tanguy, Députée du Finistère ; Stéphane Teste, Député de Seine-Saint-Denis ; Huguette Tiegna, Députée du Lot ; Laurence Vanceunebrock, Députée de l’Allier ; Corinne Vignon, Députée de Haute-Garonne.

Mon intervention au sujet des équipements culturels à usage partagé lors du Conseil Métropolitain du 30 septembre 2019

Monsieur le Président,

Chers collègues,

En octobre dernier, plus de 250 acteurs culturels étaient réunis aux Halles du Faubourg à l’invitation de la Métropole, afin de réfléchir à l’avenir de leur filière. Parmi les constats partagés qui ont émergé de cette rencontre, figurait la nécessité de travailler plus collectivement et le besoin d’inventer des modèles économiques plus vertueux, fondés sur le partage des ressources et des compétences.

Les contraintes qui pèsent sur les finances publiques, interrogent en effet une filière culturelle encore fortement dépendante des fonds publics.

Lors du conseil de mars dernier nous avons approuvé un appel à projet sur les équipements culturels à usage partagé, afin d’accompagner la filière culturelle de notre territoire.

Cet appel à projet veut soutenir des initiatives qui répondent à des besoins partagés par plusieurs acteurs culturels et qui débouchent sur la création de services communs.

Ce dispositif est un soutien non pas en fonctionnement, mais en investissement, avec pour objectif de générer des synergies durables. Ce soutien a vocation à être un soutien ponctuel, un coup de pouce pour mettre œuvre un autre modèle qui soit pérenne sans soutien public.

Il s’agit d’accompagner la mutation du secteur culturel en renforçant les coopérations entre acteurs, mais aussi en faisant émerger de nouveaux modes de soutien à cette filière.

Selon nous, c’est bien à la Métropole d’innover et d’entraîner les acteurs de nos territoires vers de nouvelles méthodes. Mutualisation et maillage sont deux axes de travail majeur pour de nouveaux partenariats.

Avec 23 candidatures et 15 dossiers retenus, cet appel à projet est un véritable succès et montre la réalité de la demande de la part d’un secteur culturel, en quête d’un nouveau modèle économique plus collectif.

Le groupe Socialistes et républicains métropolitains salue cette initiative innovante et votera bien entendu ce rapport.

Je vous remercie.

Mon intervention au sujet de la Charte de Coopération Culturelle lors du Conseil Municipal du 19 novembre dernier

Monsieur le Maire,

Chers collègues

Je voudrais profiter de cette délibération, consécutive à la réception du prix international 2018 CGLU-Ville de Mexico-Culture 21, pour revenir sur ce qui nous a valu cette distinction : notre charte de coopération culturelle.

Cette charte a été mise en place dès 2004, et nous sommes actuellement en cours de mise en œuvre de sa 4è édition signée l’an passé et qui court jusqu’en 2020.

Elle associe désormais 28 structures culturelles : musées, théâtres, établissements d’enseignement, bibliothèque, Opéra, Maison de la danse, service archéologique, direction des événements…

Le principe en est simple : il s’agit d’impliquer ces structures et institutions culturelles dans le cadre du contrat de Ville et d’orienter une partie de leurs actions vers les territoires prioritaires et les publics dits « empêchés ».

Notre Ville est riche de ses institutions culturelles, diverses et prestigieuses. Elles contribuent à l’image de notre ville, à son rayonnement et à son attractivité. Elles construisent surtout l’accès à la culture pour tous en permettant que ce dynamisme culturel profite à tous les lyonnaises et lyonnais.

L’accès à la culture pour tous se travaille pour tous les âges et aussi pour toutes les bourses grâce à des programmes et à des offres adaptés et divers. Son axe le plus complexe reste, dans de nombreux pays et de nombreux territoires, l’accès à la culture pour nos concitoyens des quartiers les plus populaires.

Par cette charte, innovante et exemplaire, notre ville démontre l’importance de la culture au cœur de notre projet de développement, au cœur de notre façon de construire la ville de demain. Car cette charte est à la fois un mode de faire ensemble, un mode de coopération, et un outil pour permettre l’émancipation de chacun en permettant l’accès à la culture à ceux qui en sont les plus éloignés, géographiquement, culturellement, socialement.

D’ailleurs cette expérience lyonnaise fait figure d’exemple en France – où elle a été reprise dans d’autres villes comme à Paris – mais aussi à l’international, comme à Liège ou à Helsinki. Sans oublier bien sûr plus près de nous la signature la semaine dernière de la 2ème charte de coopération culturelle de la Métropole de Lyon qui a réuni les signatures de 20 maires de communes en politique de la Ville, leurs équipements culturels et les 8 établissements culturels métropolitains.

Ce prix attribué à Mexico est une véritable reconnaissance des Cités et Gouvernements Locaux Unis, regroupement de 350 000 collectivités adhérentes. C’est une reconnaissance mondiale pour cette charte qui continue à innover même pour sa 4ème édition. Strictement axée sur les territoires politique de la ville, la charte s’est élargie vers des publics empêchés et intègre de nombreuses thématiques : insertion, social, territorial, égalité, éducation.

Le savoir-faire et l’expertise de la Ville de Lyon dans les champs de la culture et de l’inclusion sociale sont ainsi salués.

Pour conclure, je souhaite bien évidemment saluer le travail qui a été accompli par Georges Képénékian, à l’époque où il était adjoint à la culture qui a permis la concrétisation de ce bel outil, puis par Loïc Graber. Merci à tous les établissements culturels qui s’impliquent ainsi qu’aux services de la Ville de Lyon pour ce travail.

Je vous remercie

Un internet de croissance pérenne et équitable

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🇪🇺🏛 Hier le Parlement Européen a vécu trois temps forts et marquants :

  • Le discours de l’état de l’Union en 2018 du Président de la Commission Européenne M. Juncker.
  • Le vote de l’application de l’article 7 à la Hongrie de Viktor Orban, article qui lance un processus au terme duquel l’État Membre se voit privé de son droit de vote.
  • L’adoption après des débats intenses du projet de réforme de la directive sur le droit d’auteur à l’ère numérique.

Ce dernier vote a été salué par les acteurs professionnels ainsi que par nombre d’élus, dont les députés #LaRem de la Commission des affaires culturelles auxquels j’appartiens, qui avaient appelé à ce vote (cf tribune sur mon blog).

 

Cette issue du long travail du parlement européen démontre que lorsque l’on aborde le sujet d’internet avec bonne foi et lucidité des solutions sont possibles sans tomber dans les excès, soit d’une impossibilité de réglementer, soit de blocage a priori de contenus.

 

🖌📖 Créer des contenus c’est le fondement même du développement économique et culturel. Les rendre accessibles, partageables, « commentables » est aussi une contribution au développement collectif.

 

Rééquilibrer la chaîne de la valeur c’est-à-dire « qui perçoit quoi » dans les rentrées financières liées à cette activité sur le « world wide web » était nécessaire.

 

💻📱 Désormais, l’utilisation de contenus (comme des extraits) par une plate-forme numérique ouvrira droit à contrepartie financière pour son auteur. Il s’agit là d’une avancée majeure pour la protection du droit d’auteur.

 

📰🗞 Cette directive va permettre que les artistes, auteurs et interprètes, maintiennent leur visibilité sur le « web » mais soient mieux rémunérés et puissent garder un contrôle sur leurs œuvre. Plus particulièrement, elle ouvre un droit voisin pour la presse.

 

Une nouvelle phase de discussion débute maintenant entre le Parlement européen, la Commission Européenne et le Conseil. Avec le Gouvernement et le Parlement français, je continuerai d’être pleinement mobilisée afin que la suite des négociations confirme ces avancées.

Pour en finir avec l’assignation à résidence, nous faisons le choix de la culture

Voici la tribune rédigée par ma collègue Aurore Bergé et que j’ai cosignée.

Elle a été publiée dans le Huffington Post aujourd’hui et me tient particulièrement à coeur.

 

Il est fini le temps où le budget de la culture était la variable d’ajustement du budget de l’Etat.

Madame françoise Nyssen, Ministre de la Culture © droits réservés
Madame françoise Nyssen, Ministre de la Culture © droits réservés

L’engagement pris devant les Français par le Président de la République est plus que tenu par la Ministre de la Culture Françoise Nyssen: l’effort de l’Etat en faveur de la culture est non seulement préservé, mais conforté avec un budget voté de 10 milliards d’euros pour 2018.

Un budget pour mettre l’éducation artistique et culturelle au cœur de l’école

Bâtir une école de la confiance, c’est permettre à chaque enfant de France d’avoir un accès facilité à l’art, son expression et sa pratique. Nous développerons les chorales: la moitié des écoles de France doit pouvoir en être dotée dès la rentrée prochaine. Nous développerons les jumelages entre chaque établissement scolaire et un établissement culturel local, pour favoriser les sorties et les activités artistiques des enfants.

Un budget pour rendre la culture accessible à tous

Nous tiendrons l’engagement de la mise en œuvre du Passeport Culture, qui doit être un passeport culturel vers l’âge adulte pour chaque jeune, en permettant par exemple d’accéder à des enseignements artistiques, des œuvres ou encore des lieux culturels.

Bibliothèque Marguerite Yourcenar à Lyon © droits réservés
Bibliothèque Marguerite Yourcenar à Lyon © droits réservés

Un budget pour bâtir la République des livres

Les bibliothèques constituent le premier réseau culturel de proximité dans notre pays. Dans nos villes et nos villages, on compte autant de bibliothèques que de bureaux de Poste. Elles doivent être des lieux de vie ouverts. La mission confiée à l’écrivain Erik Orsenna viendra donner corps à cette ambition.

Un budget qui marque notre attachement à une culture ouverte

Celle dont notre patrimoine est le socle. Un patrimoine qui n’est pas figé, et qui n’est pas uniquement concentré à Paris et dans sa région.

Notre budget contient les moyens nécessaires à sa préservation, sa restauration, et son ouverture à tous les citoyens.

Un budget qui, enfin, soutient la France des artistes et des créateurs

Le soutien à la filière musique et à l’internationalisation de nos artistes est réaffirmé au travers de l’augmentation sans précédent du budget du Bureau Export, sous l’impulsion des députés de la majorité. Par ailleurs, le développement de projets qui permettent aux artistes de rencontrer les publics dont ils sont traditionnellement éloignés est une priorité et ils recevront un soutien particulier.

© droits réservés
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La culture est le levier le plus puissant d’émancipation

La maîtrise de notre langue, la connaissance de notre histoire, la diffusion des valeurs ancrées dans nos livres, dans notre musique, dans nos musées luttent plus que tout autre levier contre le communautarisme. Tout comme ils permettent à chacun d’aller au-delà de sa condition initiale.

Nous devons en finir avec l’assignation à résidence qui enferme, condamne, dans un territoire, dans un patronyme, dans une identité réductrice.

C’est ce que nous faisons en votant pour un budget pour la culture ambitieux.

Les signataires :

Aurore Bergé, Gabriel Attal, Bruno Studer, Pierre Person, Anne Brugnera, Danièle Cazarian, Sylvie Charriere, Fabienne Colboc, Jacqueline Dubois, Raphaël Gérard, Valérie Gomez-Bassac, Danièle Hérin, Gaël Le Bohec, Claire O’Petit, Béatrice Piron, Cécile Rilhac, Stéphanie Rist, Marie-Pierre Rixain, Bertrand Sorre, Stéphane Testé