Audition de madame Rima Abdul-Malak, ministre de la Culture, par la commission des Affaires culturelles et de l’éducation

Mardi 12 juillet, la commission des Affaires culturelles et de l’Education, dont je suis membre, a auditionné la ministre de la Culture, Rima Abdul-Malak.

A cette occasion, j’ai pu lui poser une question sur la situation des vitraillistes. Cette profession est aujourd’hui menacée par l’évolution de la réglementation européenne qui prévoit que l’interdiction du plomb devienne la règle. Pourtant, aucune alternative au plomb n’existe aujourd’hui et le savoir-faire de ces artisans est crucial pour la de notre patrimoine, notamment religieux.

Retrouvez ma question à la Ministre:

Conseil d’arrondissement du mardi 15 mars 2022 – Intervention sur le vœu sur l’impact de la ligne de Tramway T9 pour les habitants du 6e arrondissement

Monsieur le Maire du 6ème arrondissement, mes chers collègues, 

Vous nous proposez d’adopter ce soir un vœu sur l’impact de la ligne de tramway T9 pour les habitants du 6e.

Cette ligne doit relier La Soie à Charpennes, en passant par le centre-ville de Vaulx-en-Velin et le campus de la Doua. 

Comme vous le rappelez, au lancement de la concertation, rien ne laissait présager que cette ligne ait un quelconque impact sur le 6e arrondissement.

C’est donc après la clôture de la concertation préalable, au mois de janvier, que les habitants du quartier Bellecombe ont appris que le terminus de cette nouvelle ligne ne serait pas la station Charpennes existante mais une nouvelle station, située dans notre arrondissement, rue Bellecombe. 

Encore une fois, on constate un véritable problème dans la méthodologie de la concertation. Encore une fois, on constate un réel écart entre les grands discours sur la démocratie inclusive, l’association des habitants et les faits. 

Ce nouveau terminus aura pourtant des impacts importants et négatifs pour le quartier et ses habitants. Il implique une fermeture d’une partie de la rue Bellecombe à la circulation automobile. La cohabitation d’une station de tramway et de la piste cyclable, pourtant très empruntée pose également question.

Je soutiens pleinement la réalisation de cette ligne de tramway, attendue de longue date par les Vaudais. Je soutiens également le principe d’une correspondance avec les lignes A et B du métro à Charpennes. Néanmoins la solution d’un terminus déporté sur la rue Bellecombe n’est pas satisfaisante et des alternatives doivent être étudiées, y compris un terminus à Part-Dieu. En effet, l’argument selon laquelle la ligne serait trop longue ne tient pas : la nouvelle ligne avec un terminus Part-Dieu resterait plus courte que les actuels T2, T3 et T4. 

Pour l’ensemble de ces raisons, je voterai ce vœu. 

Je vous remercie. 

Conseil d’arrondissement du mardi 15 mars 2022 – Intervention sur le rapport développement durable de la Ville de Lyon

Monsieur le Maire du 6ème arrondissement, mes chers collègues, 

La présentation d’un rapport sur le développement durable est une obligation légale pour les collectivités de plus de 50 000 habitants depuis maintenant une dizaine d’année. 

Cet exercice obligé revêt néanmoins un caractère tout particulier, lorsque l’exécutif qui le présente se revendique écologiste et prétend faire de son mandat le dernier pour le climat.

Il serait fastidieux de commenter chaque mesure de ce document, qui ressemble à un catalogue, plutôt agréable à lire d’ailleurs, des politiques menées par la Ville de Lyon, au prisme des 17 objectifs de développement durable définis par l’ONU.

Je souhaitais néanmoins apporter quelques remarques sur ce rapport. 

Tout d’abord, à lire l’éditorial du Maire de Lyon, on a l’impression que la transition écologique commence avec les élections de 2020 et l’arrivée du nouvel exécutif et qu’une véritable révolution serait en cours. Son adjoint à la Transition écologique est moins catégorique et va jusqu’à « rendre hommage » aux équipes et exécutifs précédents ! Nous n’en demandons pas tant, mais je le remercie d’avoir l’honnêteté de rappeler que la majorité précédente avait déjà à cœur la transition écologique !

Ensuite, le parti pris de ce rapport semble être de nous démontrer la formidable accélération des politiques de développement durable, à tel point qu’il a été rebaptisé « Lyon en transitions ».

A lire le rapport dans le détail, certains « chiffres-clés » mis en exergue permettent de relativiser le constat. 

« 2000 m2 de sols désartificialisés » pour illustrer votre action en matière d’urbanisme et de logement. Si nous partageons la volonté de débitumer notre ville et de diminuer l’imperméabilisation des sols, il semble qu’à l’échelle de la Ville de Lyon ces 2000 m2 soient bien dérisoires.

« 156 enfants associés à l’opération Demos » pour illustrer votre action en matière culturelle. Outre le fait que ce dispositif a été initié à Lyon en 2017, et que je suis très heureuse qu’un tel dispositif qui permet à des enfants issus de quartier politique de la ville d’avoir accès à l’éducation musicale ait vu le jour ici, ce dispositif reste marginal, d’autant qu’il se situe à l’échelle métropolitaine. Il est loin de pouvoir suffire à l’enjeu social des ODD.

Enfin, quelques mots sur le volet démocratie locale. Nous en avons déjà parlé, et nous y reviendrons plusieurs fois ce soir, hélas, mais il y a sur ce point un véritable problème. La majorité affiche comme objectif de cultiver la transparence et de développer un écosystème démocratique. Très bien. Mais concrètement, nous constatons un défaut d’information permanent des oppositions, un refus de nous écouter. Pire, des acteurs associatifs locaux se plaignent d’être ignorés par les élus. Des élus que l’on voit rarement sur le terrain. Des projets se retrouvent bâclés voire abandonnés parce qu’ils n’ont pas été concertés avec les habitants ou les usagers, premiers concernés. Or ce volet est primordial dans les ODD.

Pour conclure sur ce rapport, il n’y a pas de grand soir de la transition écologique. De nombreuses actions citées se situent dans la continuité des politiques précédentes. Actions qui ont été poursuivies, voire amplifiées pour certaines. C’est une bonne chose car nombre d’entre elles vont dans le bon sens. 

Néanmoins plus de modestie et plus de concret serait souhaitable. Moins de mots, plus d’actions.

Et mon groupe, Progressistes et Républicains, souhaite qu’au-delà des mots, la méthode soit plus démocratique, plus ouverte et plus inclusive. 

Le Maire de Lyon a raison de dire que les transitions ne se feront pas « sans les citoyens, sans les acteurs associatifs, sans le monde économique ». Pourquoi le fait-il alors ?

Désormais il est plus que temps de passer des paroles aux actes et de rompre avec la méthode employée jusqu’à maintenant.

Je vous remercie. 

Conseil du 6e arrondissement du mardi 15 mars 2022 – Intervention sur le Plan de Protection de l’Atmosphère

Monsieur le Maire du 6ème arrondissement, mes chers collègues, 

J’interviens rapidement sur ce dossier, non pas sur le fond, mais sur la forme.

Cette délibération sera présentée au conseil municipal extraordinaire du 23 mars. Ainsi, en l’espace de 2 mois, entre le conseil municipal du 27 janvier et celui du 31 mars, le Maire de Lyon aura réussi l’exploit de convoquer 2 conseils municipaux extraordinaires et pour la même raison : un défaut d’anticipation et/ou d’organisation.

1er conseil extraordinaire le 10 février, parce que la Ville devait donner un avis sur la ZFE avant le 22 février et que ce sujet pourtant majeur pour une mairie écologiste a été oublié dans l’ordre du jour du conseil de janvier. Selon le Maire de Lyon, rien n’a été oublié, et c’est délibérément, par esprit démocratique, que ce conseil a été convoqué précipitamment.

Le 23 mars, on recommence. Cette fois-ci c’est l’avis sur le Plan de protection de l’atmosphère, qui doit être rendu avant le 25 mars et qui a été oublié. Là encore, un sujet majeur et un oubli pourtant signalé en amont par des élus. Là encore, le Maire de Lyon a une explication : ça pouvait attendre le 31 mars. La preuve que non.

Il est assez ironique que ces deux cafouillages portent sur des sujets qui sont soi-disant chers à l’exécutif : la qualité de l’air.

Ces deux erreurs, à quelques semaines d’intervalle, sont également assez symptomatiques du fonctionnement de la majorité.

D’abord, l’absence d’écoute, en l’occurrence des opposants. La sonnette d’alarme a été tirée par des élus d’opposition à plusieurs reprises. Si l’exécutif avait écouté, cela aurait permis de rectifier le tir à temps et d’éviter cette impression d’amateurisme. 

Ensuite, elle montre l’extrême difficulté du Maire de Lyon à reconnaître ses erreurs. Pris en défaut à deux reprises en quelques semaines sur le même sujet, il persiste à nous expliquer qu’il n’y a pas de problème, que tout est sous contrôle, et que c’est simplement l’opposition qui polémique. 

Tout ceci est regrettable. Ce n’est surtout pas sérieux et pas à la hauteur des enjeux et de notre ville, 3ème ville de France.

Je terminerai par une explication de vote. 

L’avis proposé au Conseil municipal de Lyon est favorable mais assorti d’un grand nombre de réserves. Cela signifie que pour que l’avis de la Ville de Lyon soit considéré comme favorable, il faut que la totalité des réserves sont levées. Autrement dit, en l’état, cet avis est défavorable. Or, je soutiens le projet de Plan de protection de l’Atmosphère présenté par l’État. Je m’abstiendrai donc sur cette délibération.

Je vous remercie. 

Rapport d’information sur l’application de la loi pour la conservation et la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris

Mercredi 16 février avait lieu la présentation, en commission des Affaires culturelles et de l’éducation, du rapport d’information sur l’application de la loi pour la conservation et la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris, loi dont je suis rapporteure.

Je vous invite à retrouver mon intervention à l’occasion de cette présentation :  

Conseil du 6e arrondissement du 8 février 2022 – Intervention sur la Zone à faibles émissions

Monsieur le Maire du 6ème arrondissement, mes chers collègues, 

Cette intervention, que je fais au nom du groupe Progressistes & Républicains auquel j’appartiens, s’adressera, vous m’excuserez M. Blache, en grande partie au Maire de Lyon qui nous a convoqués en urgence pour donner un avis sur la future Zone à Faibles Émissions dans notre ville. 

Je sais qu’en tant que Maire d’arrondissement, vous n’avez que très peu de prises sur ce type de décisions, comme sur tant d’autres. On le sait, après de grandes déclarations sur l’autonomie des mairies d’arrondissement, le maire de Lyon a très vite réduit ses ambitions en la matière pour revenir à la stricte application de la loi PLM et à une gouvernance extrêmement verticale, si ce n’est excluante des arrondissements.

L’augmentation des budgets et des compétences d’arrondissement, ce ne sera pas pour ce soit-disant « dernier mandat pour le climat ». Pour cela, il faudra attendre. 

D’ailleurs, je relève que, dans le cadre de la consultation en cours sur la ZFE, comme cela est mentionné dans la délibération qui nous occupe, les mairies d’arrondissement devraient être parties prenantes de cette organisation. Aussi je m’interroge. Qu’en est-il ? Quels moyens avez-vous obtenus pour faire vivre cette concertation dans votre arrondissement ? Quelles sont les initiatives prises localement ?

* * * * *

Nous voilà donc aujourd’hui réunis en urgence pour débattre de la « Première étape d’amplification de la zone à faibles émissions sur le territoire de la Métropole de Lyon. »

Pourquoi en urgence ? Seul le Maire de Lyon pourrait nous l’expliquer.

Légèreté ? Oubli ? Volonté, stratégie politiques ? Vacances ???? Nous ne le saurons.

Toujours est-il que ce nouvel épisode municipal est malheureusement très symptomatique de la méthode qui est celle de monsieur Doucet sur la gestion de ce dossier pourtant particulièrement sensible. Après les atermoiements de calendrier, l’oubli des règles essentielles du débat public, cela fait beaucoup pour un dossier qui devrait pourtant être suivi de près par une mairie qui se réclame de l’écologie. 

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Voilà pour la forme, sur le fond, 3 points.

1/ Je n’insisterai pas sur la nécessité de poursuivre ce travail que nous avons engagé lors de la précédente mandature, depuis plus de 6 ans maintenant. C’est effectivement un travail de longue haleine que nous avons mené car nous sommes favorables au principe même d’une ZFE. 

2/ Cependant, nous restons, en ce qui nous concerne, et contrairement à la majorité actuelle, particulièrement attentifs à son acceptation par nos concitoyens, condition selon nous essentielle à sa réussite. Cette acceptation passe par un travail préparatoire sérieux et par celui d’accompagnement de sa mise en œuvre. Une question donc de méthode, d’écoute et d’adaptation. 3 qualités qui nous semblent inconnues de l’équipe de M. Doucet.

3/ Nous avons le souci de concilier transition écologique et justice sociale, de prendre en compte les plus précaires et les plus modestes, ainsi que les classes moyennes. Ce point doit être au centre de nos travaux si nous ne voulons pas transformer cette Zone à Faibles Émissions en Zone à Forte Exclusion. 

Récemment, dans un mensuel local, en réponse à des interrogations légitimes, le Maire de Lyon nous explique que son ambition est d’être « le maire des piétons ». Il nous annonce « l’évaporation des véhicules » et prédit que « les gens vont aussi changer de mode de vie et de logements en se rapprochant du centre-ville. » 

Et ceci dans une grande décontraction tellement éloignée des soucis quotidiens de nos concitoyens. On pourrait en rire si ces décisions n’impactaient pas des milliers de Lyonnaises et de Lyonnais. 

Car concrètement, alors que d’ici quelques mois, ce sont plus de 30 000 véhicules qui vont donc devoir s’évaporer, comme dit le maire de Lyon, dans notre Métropole et tout particulièrement dans notre ville, quelles sont les réponses concrètes immédiates apportées à leurs propriétaires ? 

A tous ces Lyonnais et Lyonnaises qui demain devront se séparer de leur véhicule, que dites-vous M. Doucet ? Achetez une voiture électrique ? Roulez à vélo ? Préférez la marche à pied ? Car en ce qui concerne le métro et les transports en commun, on verra plus tard ! 

Bien sûr il est aujourd’hui essentiel de questionner la place de la voiture en ville, mais nous devons le faire en intégrant pleinement les contraintes économiques de leurs habitants et la capacité de la collectivité à fournir des alternatives efficaces et adaptées.

Nous ne pouvons pas nous satisfaire d’une solution qui offre aux plus aisés le confort d’une voiture électrique et qui laisse les plus modestes et les classes moyennes sur le bord de la route, dans l’attente de solutions alternatives réelles. Nous ne pouvons pas exiger des Lyonnais la même adaptation à la transition écologique, quelques soient leurs revenus. 

Aujourd’hui tout le monde n’a pas les moyens de remplir son frigo d’une alimentation 100% bio, de se vêtir en coton durable et d’acheter un véhicule électrique.

C’est pourquoi nous défendons une écologie sociale avec une responsabilité commune mais différenciée et nous refusons cette écologie autoritaire que vous prônez et qui impose à chaque individu, même le plus fragile, d’endosser une responsabilité qu’il n’a pas les moyens de porter. 

Comme d’autres élus, de droite comme de gauche, nous nous inquiétons de voir une partie de la population exclue par cette mise en œuvre de la ZFE à Lyon. Les vœux pieux formulés en conclusion à la fin de cette délibération ne nous rassurent malheureusement pas. Ce que nous voulons, ce sont des assurances sur les mesures qui accompagneront cette ZFE. Des mesures qui pourraient apporter des garanties aux plus modestes, aux classes moyennes, aux travailleurs.

* * * * *

Monsieur le Maire du 6ème arrondissement, en ce qui me concerne, je voterai contre cette délibération. Je voterai contre la forme et la méthode, contre l’absence d’accompagnement prévu, même si je suis clairement pour la mise en œuvre de ZFE en zones urbaines et pour une action résolue afin d’améliorer la qualité de l’air de notre ville et métropole. 

D’ailleurs nous en reparlerons peut-être à l’occasion d’un futur conseil d’arrondissement, convoqué lui-aussi en urgence, pour débattre du Plan de Protection de l’Atmosphère élaboré par les services de l’État, et qui a aussi semble-t-il eu le malheur d’être notifié en pleines vacances. Peut-être faudrait-il rappeler au nouvel exécutif lyonnais qu’un mandat d’élu ne s’exerce pas que les jours ouvrés et aux heures de bureau.

Chers collègues je vous encourage à voter contre cette délibération en demandant que soient explicitées, avant toute mise en œuvre, les mesures d’accompagnement précises et chiffrées. En espérant que la réponse ne sera pas, « nous attendons de voir ce que va faire l’État ». Parce qu’être un « responsable » politique, cela implique d’agir par tous les moyens et avec toutes ses compétences et de ne pas toujours demander aux autres de faire le travail pour lequel on a été élu. 

Je vous remercie. 

Conseil du 6e arrondissement du 18 janvier 2022 – Intervention sur la modification n°3 du Plan local d’urbanisme et de l’Habitat (PLU-H)

Monsieur le Maire du 6ème arrondissement, Mes chers collègues,

Cette délibération porte sur l’avis de la Ville de Lyon sur la modification N°3 du Plan local de l’Urbanisme et de l’Habitat de la Métropole de Lyon. C’est l’occasion de dire quelques mots sur cette modification.

Je souhaite tout d’abord rappeler que le PLU-H est un document de planification urbaine qui donne un cadre à nos grandes orientations en matière de développement à l’échelle de notre arrondissement, de notre ville, de notre métropole. Il s’inscrit dans une histoire longue et partagée de nos enjeux d’urbanisme à l’échelle intercommunale. Il faut le souligner, car cette capacité à faire ensemble est connue comme la force de la Métropole de Lyon. Elle a souvent été mise en avant à l’échelle nationale. Or c’est ce faire ensemble, ce fameux modèle lyonnais, qui est aujourd’hui abimé par un exécutif écologiste vertical et qui refuse le dialogue, au point d’élire un Conseil d’administration du Sytral sans opposition.

Le PLU-H est un document qui nous engage sur une période longue, bien au-delà de la durée de nos mandats et pour cela aussi il doit être le reflet d’une vision partagée et collective.

Or, depuis l’élection de ces exécutifs, nous n’arrivons pas à percevoir leur vision du territoire et ni comment ils comptent nous y associer. Leur vision, nous ne la découvrons que par bribes et il est difficile d’en tirer une ligne claire. Cette absence de visibilité inquiète les élus comme les habitants.

Alors que nous apprend cette modification du PLU-H ? Trois choses principalement, dont des injonctions paradoxales et des intentions risquées.

Premièrement, on semble y lire la volonté de certains élus de la majorité d’une politique de développement de l’offre de logement social très volontariste. Le risque est celui d’exigences tellement importantes qu’elles rendraient l’équilibre financier des opérations inatteignable. Augmenter la part de logements sociaux dans les programmes neufs jusqu’à 50% aura deux conséquences : soit empêcher d’atteindre l’équilibre des opérations, soit rendre la compensation financière portée par les accédants à la propriété tellement forte que les prix des logements ne seront accessibles qu’aux plus aisés. Cela contribuera à exclure de notre ville une classe moyenne qui n’aura plus les moyens de se loger dans le parc privé et n’aura pas accès au logement social.

Notre exécutif métropolitain précédent soutenait une production de logements forte avec une grande diversité de logements afin de répondre au plus grand nombre. Je doute que nous puissions atteindre les 6000 logements sociaux promis en année pleine, les réaliser sera très complexe. Ne vaut-il pas mieux construire 30 pour cent que promettre 50 pour cent ?

Deuxièmement, il semblerait que d’autres élus soutiennent une voie différente, une voie plutôt décroissante, ce qui semble contradictoire. Un chiffre montre bien cela. On lit ainsi dans cette modification n°3 que 643 ha perdront leur vocation constructible tant pour les zones urbaines qu’économiques. Cela peut sembler peu à l’échelle de la métropole mais cela représente quasiment la surface du 3ème arrondissement ou encore 1,7 fois la surface de notre arrondissement. Une Métropole sans capacité de développement, c’est une Métropole à l’arrêt, voire sur le déclin !

3ème inquiétude : l’ampleur de cette modification du PLUH. Elle ressemble de fait à une révision générale déguisée puisqu’elle comporte plus de 1000 points revus dont 60 points du règlement. Pourquoi dès lors ne pas avoir assumé une vraie révision du document ? Pourquoi ne pas avoir eu le courage d’un véritable débat sur les orientations du projet d’aménagement et de développement durable ? Cela aurait été pour l’exécutif métropolitain l’occasion de développer et d’illustrer sa vision de la Métropole à long terme et pour les oppositions de discuter ce projet.

Ainsi donc, à la lecture de ce document, je conclus que la majorité écologique va à l’encontre de toutes ses promesses :
– Vouloir plus de logements sociaux tout en diminuant les capacités de construction de logements, c’est mettre en péril la construction de logements abordables.

– moins de construction de logements, c’est créer de la rareté et donc renchérir les prix alors qu’elle dit publiquement vouloir limiter les loyers ; – moins de construction de logements, c’est freiner la jeunesse dans son émancipation car c’est elle qui a le plus besoin de décohabiter, et je ne parle pas des logements étudiants qui ne semblent pas non plus être une priorité ;

– moins de construction de logements abordables en métropole, c’est rejeter des foyers dans le périurbain et la ruralité et donc augmenter

l’artificialisation des sols dans les espaces périphériques, certes lointains, mais l’écologie est un enjeu global ;
– moins de constructions vouées à l’économie, c’est aller à l’encontre du besoin de centralité pour limiter les déplacements et donc générer de nouveaux déplacements.

Bref ce PLU-H va à l’encontre des enjeux écologiques globaux de limitation des déplacements et de non-artificialisation des sols que prétend poursuivre l’exécutif métropolitain.

Aussi, pour toutes ces raisons, j’aurais pu voter contre ce PLU-H, mais ne souhaitant pas rajouter des difficultés alors que la situation de la construction est déjà bien bloquée, je m’abstiendrai sur cette délibération.

Je vous remercie.

Conseil du 6e arrondissement du 18 janvier 2022 – Intervention sur la nouvelle Stratégie Territoriale de Sécurité et de prévention de la délinquance

Monsieur le Maire du 6ème arrondissement, mes chers collègues,

Cette délibération a pour objet d’autoriser le Maire de Lyon à signer la nouvelle stratégie territoriale de sécurité et de prévention de la délinquance pour la période 2022/2026.

La signature de cette convention, qui lie la Ville, l’État et la Métropole, mais également le Procureur de la République, le Tribunal de Grande instance et le DASEN, nous rappelle que la sécurité est à la fois une coproduction et une chaîne qui va des politiques de prévention à la réponse pénale en passant par les actions de police.

Sans une coordination de l’action de tous, sans moyens sur l’ensemble de la chaîne, il n’y a pas de politique de sécurité possible.

La sécurité est un sujet de préoccupation croissant dans notre Ville, qui connait de ce point de vue une dégradation depuis quelques années. Au- delà de la question de la Guillotière, qui est devenu un sujet tristement célèbre, les situations de tension se multiplient. De plus en plus de quartiers voient se constituer des collectifs de riverains excédés.

C’est le cas du collectif Charpennes en colère, à cheval sur notre arrondissement et Villeurbanne. C’est aussi le sujet de la multiplication des points de deal, ou des rodéos qui concernent à des degrés divers tous les quartiers lyonnais, des tirs de mortiers, des cambriolages et vols à la tire.

Cette situation nous est rapportée par un nombre croissant de nos concitoyens, qui nous font part de leur inquiétude, parfois même de leur peur. Notre devoir d’élus c’est de les écouter, plutôt que d’essayer de leur expliquer, comme on l’entend parfois, que leur ressenti ne serait pas le bon. Notre devoir c’est également d’agir, chacun à notre échelle et dans le cadre de nos compétences pour améliorer la sécurité de nos concitoyens.

La sécurité est aussi affaire de pragmatisme, de constante adaptation des actions et des moyens, bien loin donc de la surenchère, de la « défosse » – c’est pas moi, c’est lui- et du dogmatisme. J’appelle tous les élus à leur responsabilité en la matière.

A ce titre, je me réjouis de la décision du Ministre de l’Intérieur d’augmenter les effectifs de Police sur notre Ville. Je suis également satisfaite d’entendre le Maire de Lyon affirmer qu’il souhaite rendre plus attractive notre Police municipale et j’espère que nous en verrons bientôt les résultats. J’insiste à nouveau sur le besoin de vidéo-protection qui semble rencontrer des obstacles incompréhensibles.

Enfin, la majorité parlementaire à laquelle j’appartiens a également travaillé sur ces sujets, avec notamment la loi Sécurité globale ou la loi Confiance dans l’institution judiciaire. Nous avons conçu et voté une loi sur les rodéos urbains qui commence à porter ses fruits. Quant à moi, afin d’améliorer la prévention de la délinquance, j’ai déposé une proposition de loi sur la reconnaissance du métier de médiateur social, primordial pour la tranquillité de nos quartiers.

Je voterai cette délibération. Je vous remercie.

Conseil d’arrondissement du 18 janvier 2022 – Intervention sur le budget participatif

Monsieur le Maire du 6ème arrondissement, mes chers collègues,

Cette délibération porte sur l’adoption du règlement du budget participatif Lyonnais.

Le budget participatif lyonnais, instauré en mars dernier est doté de 50 millions d’euros sur la durée du mandat.

Ce règlement soulève cependant un certain nombre de questions.

La première est la place des arrondissements. En effet, le budget participatif représente une capacité d’investissement bien supérieure à celle des conseils d’arrondissement. Pourtant les conseils d’arrondissement, organe de démocratie de proximité, ont la légitimité démocratique que leur donne l’élection. Le programme de la majorité prévoyait explicitement de donner davantage de pouvoir à ces arrondissements, mais pour l’instant nous attendons toujours la concrétisation de cette promesse.

La seconde est la place des conseils de quartier. Ces conseils ont un historique sur la démocratie participative et sont structurés. On aurait pu imaginer leur donner un rôle dans ce budget participatif, renforcer leurs moyens pour leur redonner un gain d’attractivité. Ce n’est pas le choix

qui a été fait. Dès lors, quelle place ces conseils auront-ils à l’avenir ? Est- ce que la majorité municipale envisage un renforcement de ces conseils, ou au contraire se désintéresse-t-elle de ces instances ?

Enfin la dernière question est celle des moyens pour inclure réellement le maximum de Lyonnais dans le dispositif. La démocratie participative est bien souvent citée comme une façon de répondre à la crise de la démocratie représentative, crise dont l’un des symptômes est la faible participation aux élections qui nous alerte tous. Mais la démocratie participative est-elle réellement plus mobilisatrice ? Quand on voit le faible nombre de participants aux conseils de quartiers, ou encore la faible mobilisation lors des opérations de concertation, on voit qu’il existe un risque que ce budget participatif soit préempté par une minorité, déjà très investie dans la vie de la Cité. L’accompagnement prévu est-il suffisant pour donner un véritable élan démocratique à ce budget participatif, afin que son accès ne soit pas restreint à quelques happy few ?

En conclusion est-ce que ce budget participatif de 50 millions d’euros est un simple effet d’annonce, un gadget ou sera-t-il réellement un outil pour inclure tous les citoyens dans la vie de la cité, avec la nécessaire attention à la bonne gestion de l’argent public que nous devons tous, élus comme citoyens engagés, aux Lyonnais contributeurs ?

Force est de constater que l’on trouve peu de réponse à ces questions dans la délibération fournie. Aussi je m’abstiendrai sur ce dossier.

Je vous remercie.

Ma contribution à la consultation sur l’avenir du métro lyonnais

Du 21 septembre au 15 décembre 2021 le SYTRAL organisait une consultation sur l’avenir du métro lyonnais. Retrouvez ci-dessous ma contribution à ce débat:

Monsieur le Président,

J’ai l’honneur de porter à votre connaissance ma contribution, en tant que députée du Rhône, à la consultation lancée par le Sytral sur l’avenir du métro lyonnais.

Comme vous le savez, j’ai fait partie au mois d’avril dernier des 12 parlementaires du Rhône qui ont saisi la Commission nationale du débat publique (CNDP) pour demander l’organisation d’un débat sur le développement du réseau de transport en commun lyonnais.  La CNDP n’a pas donné suite à cette saisine, ce que je regrette. Elle aurait permis de débattre, sous le contrôle d’une autorité indépendante, de l’ensemble des projets inscrits au plan de mandat du Sytral. Si elle ne remplace pas le débat que nous aurions souhaité, la consultation que vous avez lancée présente le double-avantage de poser les enjeux du développement du réseau de métro lyonnais et de donner la parole à l’ensemble des grand-lyonnais sur différents projets.

En tant qu’élue lyonnaise, je m’intéresse évidemment à l’avenir de mon territoire et j’ai donc souhaité participer à cette consultation.

En tout premier lieu je me réjouis que l’idée de relancer un plan ambitieux de développement du métro lyonnais refasse surface. 

Ouvert au trafic voyageur en 1978, le métro lyonnais a connu un développement assez soutenu pendant la 1ère vingtaine d’année de son existence. Ce développement a été interrompu en raison des difficultés financières rencontrées par le SYTRAL à la fin des années 1990. Le Plan de déplacement urbain adopté en 1997, sous l’égide du président du Sytral Christian Philip, avait pour ambition de redonner des marges de manœuvre financières au syndicat tout en accroissant l’offre. Il a ainsi été fait le choix de rénover et développer en priorité le réseau de surface. 

Ces choix politiques, poursuivis et amplifiés par la majorité à laquelle j’ai appartenu, ont produit leurs effets. Adossés à une politique tarifaire rigoureuse, ils ont permis de redresser les comptes du Sytral et de réduire fortement sa dette. Cela donne aujourd’hui au Sytral une capacité d’investissement forte, certes affectée par la crise, mais dans des proportions limitées. 

Le réseau de transport en commun lyonnais connaît une croissance continue extrêmement forte. Nous ne pouvons que nous réjouir de cet état de fait. Mais il implique de penser à des investissements forts pour l’avenir. Par ailleurs, votre majorité fait le choix assumé de limiter le recours à la voiture individuelle au sein de notre Métropole, ce qui implique de proposer une offre alternative pour ne pas entraver la capacité de déplacement de nos concitoyens. Cela doit se traduire par le développement des infrastructures cyclable, la sécurisation des déplacements piétons, mais aussi pour les plus longues distances ou les personnes à mobilité réduite par le renforcement des transports publics. 

Il faut bien évidemment poursuivre le développement une offre complémentaire à court et moyen terme, comme le prévoit votre plan de mandat avec des projets de tramway et de BHNS. Mais il convient également de penser à des projets structurants à long terme, parce que notre Métropole va continuer de croître et que la demande de mobilité également. Nous avons les moyens de le faire. C’est la raison pour laquelle la relance d’un plan métro paraît aujourd’hui pleinement opportune. 

La consultation lancée par le Sytral porte sur 4 scenarii de développement :

  • La création d’une ligne E entre Tassin et Bellecour ou Part-Dieu
  • Le prolongement de la ligne A entre Vaulx-La Soie et Meyzieu
  • Le prolongement de la ligne B entre Charpennes et Rillieux-la-Pape
  • Le prolongement de la ligne D entre Gare de Vaise et La Duchère

Je m’étonne de l’absence de scenario proposant le prolongement du métro A au-delà de Perrache. Je n’ignore bien sûr pas les difficultés techniques, et les surcoûts qu’ils engendreraient, pour réaliser ce prolongement. L’actuelle station Perrache, dans le centre d’échange, est en effet située au niveau du sol et il faudrait reprendre le tronçon bien en amont pour passer sous l’autoroute et sous la gare de Perrache. Cependant, nous savons que nombre de nos concitoyens ne comprennent pas cette absence de desserte métro du quartier, et mettre un scenario au débat ne signifie pas qu’on le valide ou qu’on l’encourage. Il permet de fournir des éléments et d’éclairer les citoyens. 

Les critères utilisés pour départager ces projets doivent à mon sens être l’utilisation efficiente des deniers publics et la logique de réseau. Concernant l’utilisation des deniers publics, les ressources financières mobilisées par les projets de métro sont importantes. Malgré la bonne santé financière du Sytral, il convient évidemment de ne pas gaspiller l’argent public. Nous devons donc nous interroger pour chaque projet sur l’efficacité de l’investissement, notamment au regard de l’objectif de report modal et donc de baisse des émissions de gaz à effet de serre et de la pollution. Concernant la logique de réseau, il convient d’une part de cibler en priorité les secteurs peu ou mal desservis et d’autre part d’évaluer les conséquences, positives comme négatives, de chaque prolongement sur l’ensemble du réseau.

A l’aune de ces critères, le projet prioritaire me semble être la réalisation du métro E, dans sa variante prolongée à la Part-Dieu. 

Concernant le prolongement du métro A, l’investissement important ne semble pas se justifier par rapport au gain attendu de voyageur. De plus, les territoires concernés sont d’ores et déjà desservis par un transport en commun en site propre performant, le T3. Un renforcement de cette ligne existante, par la suppression de passages à niveau et la création d’évitements supplémentaires pour Rhônexpress, améliorerait la desserte des communes concernées pour un coût moindre.

Le prolongement du métro D présenterait quant à lui l’avantage de desservir un quartier politique de la ville, La Duchère, et d’améliorer la desserte du nord-ouest de notre agglomération. Cependant, il n’aurait qu’un effet limité sur le rabattement et ne semble pas justifier son coût. 

Le prolongement du métro B est enfin un projet intéressant à de nombreux égards. Il améliorerait la desserte de Caluire et Rillieux, aujourd’hui peu satisfaisante. Il offrirait également des possibilités de rabattement efficaces pour les pendulaires en provenance du nord de l’agglomération. C’est néanmoins un projet au coût très élevé.

De son côté, la création d’une ligne de métro E serait le scenario le plus efficient. Il est en effet, sur la base des chiffres communiqués, susceptible d’attirer le plus de voyageurs (+102 000 dans la variante de prolongement), de générer le plus fort report modal, pour un coût dans la moyenne des projets proposés. C’est en tout cas le projet dont le ratio bénéfice/coût est le meilleur. Il est également le plus avancé puisque des études complémentaires ont été menées. 

Il permettrait de desservir efficacement un secteur actuellement enclavé, dans lequel il est difficilement envisageable de mettre en place d’autres types de transports en site propre, comme l’a montré l’étude préliminaire menée par le Sytral sous le mandat précédent. Il ne serait pas contradictoire avec votre projet de funiculaire, projet sur lequel j’émets un certain nombre de réserves, mais ce n’est pas l’objet du présent courrier. 

J’insiste néanmoins sur la nécessité qu’il y a à retenir la variante prolongée à la Part-Dieu. En effet, une ligne limitée à Bellecour serait beaucoup moins attractive, notamment pour le rabattement depuis l’ouest de l’agglomération. Ce prolongement à la Part-Dieu permettrait ainsi quasiment de doubler le report modal et donnerait à cette ligne toute sa raison d’être. Par ailleurs, le tronçon Bellecour-Part-Dieu aurait un effet structurant sur l’ensemble du réseau. Ce serait la réparation d’une erreur historique de conception de notre métro : l’absence de liaison directe entre la Presqu’île, cœur traditionnel de la ville, et la Part-Dieu, centre économique de l’agglomération. Cela permettra également de soulager l’affluence sur les tronçons les plus chargés des lignes D et B.

Pour l’ensemble de ces raisons, Monsieur le Président, je soutiens la relance du métro dans notre agglomération et la réalisation d’une ligne de métro nouvelle entre Alaï ou Tassin et Part-Dieu comme projet prioritaire. La réalisation de ce projet renforcera notre réseau de transport en commun et participera de la structuration à long terme de notre territoire métropolitain. 

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes salutations distinguées.